LUCAS GIORDANO
l’histoire profane et sacrée, les poètes peuvent ollrir de sujets à un peintre. Les deux fresques du Trésor de Naples, Judith et le Serpent d’airain , furent l’affaire de quarante-huit heures. L’énorme Baptême des Japonais par saint François Xavier (Naples) fut bâclé en trois jours. En un jour il peignit la grande Mort de Sénèque (Louvre). Parmi les soixante-cinq toiles, généralement colossales, que conserve de lui le Prado, il s’en trouve une qui est un « hommage » à Rubens. En effet, il devait se prendre pour un autre Rubens : mais il n’égale pas même un Piètre de Cortone. Ses premières œuvres affectent les brutalités et les tons d asphalte de Caravage et de Ribera. Les dernières ont une espèce de charme caressant qui rappelle l’agrément diffus des poèmes de Métastase. Et quoique sans dessin et sans force, quoique absolument vides de sang et de beauté, elles font parfois illusion : c’est le plaisir tout pur de l’imagination. Ces pages si pauvres d’âme, de cœur et de pensée, respirent encore la grâce indestructible de la race.