LES DEBUTS DE DAVID
effet se renseigner à Anvers). En face, des architectures néo-classiques, un fronton de la Madeleine, des draperies calmes et droites, un coloris éteint, des groupes de style académique : c’est la Prédication de saint Denis du peintre Joseph Vien (1 71(1-1809), qui fut le patriarche de la nouvelle peinture.
Vien n'était pas un très grand maître, mais ce fut un bon professeur ; il forma un nombre indéfini d’élèves. Certains tableaux de lui, comme la Marchande d’amours , semblent des morceaux d’Anthologie, où l'on devine déjà quelque chose de Prud’hon. Et puis, il indiquait la voie, il marchait dans le sens du siècle. Son style pauvre et correct semblait rafraîchissant et pur. C’était une convention qui se substituait à une autre ; elle paraissait nouvelle. Peu à peu. avec ses élèves, les Suvée, les Ménageot, les Vincent, les Régnault, il en vint à former un groupe considérable ; on voit se répandre le goût des sujets à la Plutarque, Bélisaire, Socrate, la Clémence d’ Auguste, Z euxis faisant son choix parmi les belles Crotoniales.
Malgré tout, il ne se produit encore rien de bien décisif. Les deux traditions subsistent côte à côte, sans que l’une triomphe bien nettement de l’autre. A ce moment, Fragonard ayant, peu importe pourquoi, renoncé à décorer l’hôtel de la Guimard, désigna pour le remplacer un jeune peintre d’avenir : David.
Né en 174-8, ce pupille de Sedaine s’annonçait comme un disciple brillant de l’école de Boucher. C’était un « prix de Rome », tel que les formait l’Académie. Son Combat de Mars et de Minerve (Louvre, 1771), sa Stratonice, sont d'agréables morceaux en style d'opéra, habiles et sans sérieux. Il faisait des portraits dans le genre du Château de cartes et du 'Coton de Chardin. Personne ne semblait moins fait pour bouleverser l’école et en changer les habitudes. En partant pour Rome, il disait à Cochin : « Ne craignez rien, l’antique ne me séduira pas : il manque d'entrain et ne remue pas. »
D’oii lui vint la conversion ? Comment se dessillèrent ses yeux? Par quel chemin l’auteur du boudoir de la Guimard devint-il celui de Bélisaire (1781), d ' Andromaque (1783), et des Horace s (1785)? C’est ce que je n'ai pas à raconter ici. Mais les Horaccs sont une « date » : c’est la lin de l’école du xviii0 siècle et le commencement d’une aulre. Une période se clôt et une période s’ouvre, de laquelle nous n’avons pas à nous occuper dans ce volume.
Mais le même travail que nous venons de voir s’accomplir à Paris, s’esl