AUTOUR DE WILLIAM HOGARTH
Les conditions et les genres. — - L’école anglaise est la plus jeune des grandes écoles européennes; elle naît vers 1730 et n’est, pas antérieure aux premières œuvres de Hogarth.
On est surpris d’un tel retard. De tout temps l’Angleterre a aimé la peinture. On y a eu de bonne heure le goût des collections. On cultivait les arts d’une autre manière encore, en attirant et en pensionnant les artistes. Depuis Holbein et Antonis Mor, jusqu’à Rubens et à van Dyck, on ne compte pas les maîtres de toute nation qui passent le détroit et viennent chercher fortune au pays des guinées : îles Allemands comme Kneller, des Hollandais comme van Ceulen, Lely, des Français comme la Fosse, Largillière, Watteau, Gravelot, La Tour. On appréciait leurs amvres, on les payait plus cher qu’ailleurs, mais personne ne pensait que la gloire d’en produire elle-même d’originales manquât à l’Angleterre. Volontiers l ’orgueil britannique se fût appliqué la devise du poète :
...Excudent alii spiranlia mollius aéra :
Tu regere imperio populos, Romane, memento.