DE VAN DYCK A LELY
manière se tiendra toute voisine de 1’ « étude » ; et même, pour exprimer plus vivement ses impressions vierges, il se créera un vocabulaire et une technique spéciale, une sorte de dessin, de croquis coloré, où la rapidité du faire est une condition du succès : il inventera 1’ « aquarelle ».
Un dernier genre enfin, comme en Hollande, comme dans la France du xvine siècle, profitera du recul de la peinture d’ « histoire : ce sera la peinture de mœurs, habituellement satirique. Dans ces trois genres, — portrait, paysage, tableaux de la vie sociale ou domestique, — tient tout le développement de la peinture anglaise. Le v préraphaélisme » même, vers le milieu du dernier siècle, n’a pas sérieusement modifié le fond des goûts nationaux : et aujourd’hui encore, une exposition de la Royal Academy ne diffère pas sensiblement de ce qu’était le même spectacle il y a un siècle.
Les oeuvres. Les élèves de van Dyck : Lely, Kneller. — foute la peinture anglaise est fille de van Dyck. J’ai dit ailleurs comment cet étranger, ce jeune homme, le plus impressionnable des grands artistes, s'acclimata, s’amalgama à son pays d’adoption, s’y maria, et découvrit une nuance d’élégance inédite, qui est bien proprement une élégance anglaise. Comme Greco à Tolède, comme Watteau à Paris, il nationalise les moyens d’expression de l’art, les adapte à une sensibilité nouvelle. La méthode flamande, qui consiste à se reposer de beaucoup de choses sur des éièves, avait cet avantage d’en instruire un grand nombre. Si les derniers tableaux de van Dyck en souffrirent, l’école en profita. En mourant, van Dyck laissait une tradition vivante, et qui ne devait plus s’éteindre.
De ces successeurs de van Dyck, le plus célèbre, encore qu'on ne l’estime pas à son prix, est Sir Peter Lely (1618-1680), natif de Soest en Hollande, à qui revient l’honneur d’avoir fait subsister l’école pendant la crise du Gommonwealth et sous le terrible « Protecteur ». C'était un remarquable peintre. U avait un sentiment maniéré, mais vif, de la grâce mondaine et féminine. Son « Salon des Beautés », à Windsor, est le plus troublant sérail : on songe au bouquet d’amoureuses, à la collection d’héroïnes de Don Juan. Sans doute, on sent le procédé ; il y a de la convention dans le contraste des chairs nacrées et des soies noires et miroitantes; Lely n’est pas simple; ses draperies sentent l’artifice; tout trahit un système d’agaceries perfides, un art de courtisanes : mais on