‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 302 sur 391 · BUTS DE I. "ÉCOLE NATIONALE · texte numérisé non relu

BUTS DE I. "ÉCOLE NATIONALE

ne résiste pas à une espèce d’enchantement. Sa Lady Bellasys , avec moins de beauté profonde, vaul le plus séduisant, le plus capiteux des van Dyck.

Lely a laissé à son tour une foule d élèves, mais le meilleur, John Greenhill I6it)-l(i7t> , n'eut pas le temps de se faire un nom. L Allemand Kneller, de Lübeck, qui remplaça Lely dans la faveur des dames, n’avait qu'une imagination, un goût Je photographe. Son succès démoralisa des artistes mieux doués que lui et les dissuada de chercher à bien faire. Les autres genres se traînaient dans la même ornière : le paysage, avec Manby, était au plus lias, el la peinture décorative, avec Streater et Isaac Fuller. ne se portail guère mieux. En vain s’adressait-on à des artistes du dehors, l'Italien Verrio ou le Français Laguerre : on jouait de malheur, c’étaient des hommes de cinquième ordre, et profondément incapables de créer rien de bon.

Tout ceci était décourageant, dépendant, après une longue période de malaise, le pays retrouve son équilibre ; une ère de prospérité s’ouvre avec le règne de la maison d'Orange. Londres, après 1 incendie de 1(>66, renaissait de ses cendres. De grands architectes, tels que Wren, entreprennent de relever la ville ; une lièvre de construction s’empare du pays ; on bâtit Saint-Paul, Blenheim ; un slvle se crée, le style « reine Anne ». On reprend confiance. L Angleterre commence à se piquer au jeu, rougit d’être toujours, pour les choses du goût, à la remorque de l’étranger. Un cadet de famille, James Thornhill, s'avisa de couper les amarres el de remonter le courant. Il ouvrit une école. Il n'avait nul talent ; mais il v a des moments où tout réussit, même la folie. L’événement servit le jeune présomptueux : c’est chez lui que le hasard allait conduire William Hogarth.

William Hogarth (lt>97-17Üi . — C’était l'Anglais pur sang, l’insulaire splendide : gallophobe, ignorant, prédicant, philanthrope, absolu comme un autodidacte, ayant en lui une foi naïve et intrépide. Il écrit qu' « un peintre d'enseignes en remontrerait à Gorrège » : il trouve Raphaël « stupide » et Rembrandt « ridicule ». 11 tient que « la ligne de beauté » est la ligne « serpentine », et il pond un volume à l’appui de cette ineptie...

Bref, c'est un être insupportable : c'est le cockney de Londres dans toute son horreur. Mais c’était une force : cette espèce de barbare, « tombeur » d’autorités, muni contre tout remords par l'inintelligence,

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