‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 313 sur 391 · LES GRANDS PORTRAITISTES · texte numérisé non relu

LES GRANDS PORTRAITISTES

Sir Joshua Reynolds 1723-1792 . — Burke a dit de lui : « C'est le premier Anglais qui ajouta le mérite d'un art élégant aux autres gloires de la patrie. Par le goût, la facilité, le bonheur de l’invention, comme par la richesse et l’harmonie de la couleur, il est Légal des plus grands maîtres dans les écoles les plus fameuses. » 11 n'y a presque rien à changera cet éloge funèbre : l’avenir n'a fait que le reprendre et que le commenter.

Etre L« égal des maîtres » : telle est bien, dès l’enfance, l’ambition du petit Reynolds. C’était le lils d'un maître d’école du Devonshire. A dix ans, il a lu les écrits de Richardson, le peintre (1665-1745), et il fait déjà des portraits. A vingt ans, il copie du Guerchin, à Londres, chez Hudson. Un peu plus tard, b Devonport, il fait la connaissance du commodore Keppel, qui l’emmène en croisière dans la Méditerranée. Il touche Lisbonne, Gibraltar, Alger, les Baléares, Livourne, passe deux ans à Rome, et revient à petites journées par Florence, Parme, Venise, Paris, muni d’une provision d’idées, plein du désir de la perfection et fermement résolu à devenir quelqu'un.

C’était en 1752. La gloire se lit attendre quinze ans : mais ce fut le succès triomphal et définitif (1768). Cette année-là, les peintres anglais, qui avaient déjà formé une société de secours mutuels, complétèrent leur institution par une Académie. Reynolds en fut nommé d’emblée le président. Dès lors, pendant vingt ans, il exerce sans interruption une espèce de magistrature ou de dictature artistique. Créé baronnet l’année suivante, il offre en Angleterre le premier exemple du talent reconnu comme une valeur sociale. La dignité du caractère désignait Sir Joshua pour ce rôle de peintre lauréat, où personne depuis ne devait l’égaler. Ami de Burke, de Garrick, de Goldsmith, de Johnson, son atelier était le

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