‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 325 sur 391 · I.Y POESIE DE GAINSBOROUGII · texte numérisé non relu

I.Y POESIE DE GAINSBOROUGII

lent, jamais satisfait de son œuvre. Il se désespère du charme inexprimable de la vie. Il disail à une femme : « Votre sourire est trop difficile pour moi. » Sans cesse il change de manière, sans cesse poursuit une expression plus rapide, plus insaisissable. Les accessoires, les fonds, les vêtements, sont traités d'une brosse de plus en plus expéditive, par grandes touches fiévreuses, brusques et balafrées ; puis, l’ensemble une fois établi de la sorte, I artiste, en une séance et d’inspiration, peint la tète : la ressemblance apparaît, nette et définitive. Reynolds décrit longuement cette méthode insolite ; nos impressionnistes ont cru avoir le droit de s'en autoriser. Mais une telle façon de faire n'avait de sens que pour Gainsborough : elle prèle à ses ouvrages la poésie de l’inachevé; dans les interstices de la peinture, semble se jouer une âme, un principe impalpable qui a le charme de l’imaginaire; et c’est ce qui donne à ses figures leur jeunesse éternelle, la magie, le mouvant, la grâce de laTvie.

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