PAYSAGE, GENRE. HISTOIRE
Le paysage : W ilson, Gainsborough, Crome. — A coté du portrait, les autres genres languissent; aucun n'a l’éclat ni le succès que la société anglaise réserve à ses grands portraitistes. Le paysage même, promis à une si grande fortune, a les débuts les plus modestes. Mais, à défaut d’encouragements et de faveurs publiques, il n’en produit pas moins des œuvres considérables, qui préparent les voies à celles de l’avenir.
Le paysage, en effet, avait, pour ses débuts, à vaincre, auprès des amateurs, une double concurrence. 1° L’école romano-française, représentée par Claude, le Guaspre et Salvator ; 2U l'école hollandaise et flamande, avec ses mille variétés, de Ruysdaël à Wynants et de Cuyp à van Goyen. Ces deux écoles, fort recherchées dans les galeries du Royaume (Cuyp et Claude sont presque tout entiers en Angleterre), faisaient le plus grand tort aux peintres de la nature anglaise ; elles les contraignaient presque à l’imitation de modèles en faveur et contrariaient la naissance d’une école nationale.
Trois hommes, à divers degrés et avec des succès différents, réussirent à forcer l’obstacle. Le premier est Richard Wilson (1713-1782). C’est par hasard, vers la trentaine, et au cours d’un voyage à Rome, que la vocation lui vint de se consacrer au paysage. II passa six années à peindre, aux applaudissements de Yernet, les magnifiques horizons de la campagne romaine ; comme à Corot, comme à tous ceux qui ont subi cet enchantement d’une manière prolongée, il lui en resta quelque chose. Il ne secoua jamais le charme qui l’avait séduit; malgré lui, il fut moins sincère, si l’on veut, moins réel; sa vision ne parvient pas à se dégager nettement des formules classiques. Il conserve toujours le goût des belles masses harmonieuses, la même manière un peu uniforme de disposer les forces et de les appuyer au cadre, de faire agir la nappe des eaux comme