LE XVIII0 SIÈCLE ET LA RUSSIE
ture, et mourut en rêvant de se faire moine au couvent des Catacombes, à Kiev.
D’autres artistes se groupent autour de ces deux maîtres : le peintre de ruines Bielsky (1730-1796) ; le peintre d’histoire Lossenko (1737-1773), le « batailliste » Ivanov (1748-1823), le paysagiste Alexeiev (1753-1824) ; mais c’est encore dans le portrait qu’on trouve la tradition la plus originale et la plus intéressante : Tropinine (1776-1857) et surtout Oreste Kiprensky (1783-1836), lequel séjourna longtemps à Borne et y fit, à la mine de plomb, de petits portraits d’un goût et d’une beauté « ingresques ». Avec un Yenedetzky (1766-1847) et un Yenelsianov (1780-1847), la Russie a ses Granet, ses Boilly, ses Drolling, égaux ou supérieurs aux nôtres. C’est un véritable âge d’or qui s’ouvre devant elle. Et, aujourd'hui encore, dans l’art sentimental d’un Moussatov, ou dans l’art précieux et un peu pervers d’un Somov, continue à errer un dernier et subtil reflet du génie « rococo » de notre xvm° siècle.