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L OEUVRE DES ROMANISTES

il peuple ses œuvres de morceaux de V École d'Athènes. Puis c’est Pierre Coucke, d’Alost (1502-1550), Lambert Lombart de Liège (1505-1566) combien d'autres ? Tous partent, ou presque tous, et quelques-uns ne reviennent plus. On reconnaît à peine ces transfuges sous leurs noms travestis : Giov. Stradano (J. van der Straet, 1523-1605), un peintre de chasses et de paysages historiés, qui vécut à Forence ; Paul Franchoys, dit Franceselii, (1540-1596), élève et collaborateur de Tintoret, Pietro Candido (P. de Witte, 1548-1628), architecte, peintre et sculpteur. Celui-ci mourut à Munich, où il joua un grand rôle à la cour de Bavière. Nous retrouverons plus loin, un de leurs prédécesseurs, P. Campana (P. de Kampeneer, 1503-1580), un Flamand qui peignit à Bologne, à Rome et à Séville. Et l'on a déjà vu quelle place tint à la tête de l’école bolonaise ce « Dionisio Fiammingo », dont le vrai nom était Calvaert.

Aussi, lorsqu’on accuse les « italianisants » d’avoir renié leur pays, on méconnaît le caractère historique de la race, et sa fonction essentielle dans l’évolution de l’art : d’être le peuple migrateur, les « mobiles » ouïes nomades de la peinture, les vulgarisateurs et les colporteurs des idées. Les ambassades de Rubens (Jean van Eyckadéjà rempli une mission analogue) ne sont que la forme officielle de cette loi dénaturé. C’est ce qui explique l’un des traits les plus remarquables de. l’art flamand dans son ensemble: le manque d’intimité et la forme oratoire qui, dès l’origine, le distinguent de ce qui est hollandais.

Aucun art n’est plus clair, moins embarrassé, plus direct. Cette carrure, cet aplomb, cette jactance de santé et de confiance en soi ont toujours enchanté et converti les peintres. Il n’y a pas d’école, dans les trois derniers siècles, ou l’on ne trouve, avec plus ou moins d’évidence, la trace du ferment flamand. Et si l’Italie enseignait à chagriner le style, à châtier, à raffiner et à quintessencier, les Flamands, au contraire, sont les indispensables professeurs d’optimisme ; partout ils vivifient, fécondent la peinture.

Or ces qualités de verve généreuse, cette éloquence de terroir qui seront les vertus du génie de Rubens, se montrent déjà distinctement dans les œuvres des romanistes. Il ne fallait pas moins que ce tempérament imperturbable, aussi étonnant de souplesse que de vitalité, pour avoir si tôt fait de digérer la Renaissance. En quelques années, ces maîtres ont compris le parti à tirer des leçons de l’Italie. Les statures grandissent, les horizons s’abaissent, les groupes s’épais-

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