LES IDÉES DE RUBENS
C’est même ce qui explique le petit nombre des ouvrages dans cette longue vie d’octogénaire. Rubens, en quarante ans, en produit plus de deux mille. Ce besoin de la beauté, inhérent aux Italiens, a seul empêché l’Italie d’avoir son Rubens dans les Carraches ou le Guide. Leur malheur est de n’avoir été que des artistes. Ils se font de leurs talents une aristo-
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Rubens. — L’enlèvement des Allés de Leucippe. (Pinacothèque de Munich.)
cratie et un mandarinat. Grands esprits, certes, et beaux esprits, mais ils ont le tort de s’y complaire et de ne pas aimer la vie. En un mot, la manie de 1 art a lait d’eux des pédants. C’est en quoi l’absence de goût, de morgue et de système est chez Rubens, comme chez Shakespeare, une condition du génie ; de même que son histoire, ses relations, ses ambassades, sa science, sa correspondance, ses collections, sa bibliothèque, ses mariages sont autant, d’éléments de la grandeur de l'homme, qui à son tour explique la grandeur même de l’œuvre.