LES OEUVRES DE RUBENS
Les grandes oeuvres de Rubens. — Cette œuvre étant ce qu’elle est, c’est-à-dire formant un tout, un ensemble vivant, n’ayant de sens que par sa masse, et dont toutes les parties sont en quelque sorte simultanées, il s’ensuit que la chronologie y devient indifférente. Du jour où Rubens revient de Rome et publie coup sur coup son double manifeste, Y Érection de la croix (1610) et la Descente de croix (1612) de la cathédrale d’Anvers, il existe déjà tout entier et n’a plus grand progrès à faire. La main deviendra plus rapide, la palette perdra ses tons sourds, la couleur se fera de jour en jour plus légère, plus spirituelle et plus sensible ; mais rien ne changera quant à la nature de l’esprit et au caractère des choses. Tout au plus peut-on observer dans la première carrière du maître (1609- 1625) une proportion plus grande de peintures religieuses, et dans la dernière (1630-1640) une abondance contraire de sujets voluptueux, mythologiques et païens. Mais une telle division n’a rien de rigoureux.
Voici d’ailleurs pour en iinir la liste, je ne dis pas des chefs-d'œuvre de Rubens, mais de ses ouvrages capitaux depuis le double triptyque d’Anvers.
I. 1618. — Histoire de Décins Mus, dix compositions à reproduire en tapisseries (Vienne, Lichtenstein).
IL 1619. — Miracles de saint Ignace et de saint François Xavier (Vienne).
III. 1620. — Quarante peintures pour l’église des Jésuites à Anvers. L ’ Assomption du maître-autel est à Vienne. Les trente-neuf plafonds comprenaient les deux Testaments; c’étaient les « Loges » de Rubens et celui de ces travaux dont il demanda le plus haut prix. Tout a péri dans l’incendie de 1718. Mais dix-sep t des esquisses, dont l’artiste s’était réservé la propriété, sont conservées à Vienne, Gotha, Dulwich, Bruxelles (coll. Willems) et au Louvre.
IV. 1621-1625. — Histoire de la reine Marie de Médicis. Vingt et une compositions pour la galerie du Luxembourg, réunies depuis 1900 dans un salon d’honneur au Louvre.
V. — Histoire de Constantin. Douze cartons de tapisserie exécutés pour Louis XIII. Les douze esquisses faisaient partie de la galerie d’Orléans. Il n’en subsiste plus que trois à Paris, coll. Bischoffsteim, à Philadelphie, coll. Johnson, et à Londres, coll. Wallace. Une suite complète au Garde-Meuble. Gravée par Nicolas Tardieu.
, I. 1626. — Triomphes de /' Eucharistie . Quinze cartons de tapisserie,