LES ŒUVRES DE RUBENS
de proportions géantes, commandés par l'Infante Isabelle pour le couvent de Loeches. Deux de ces cartons sont au Louvre, quatre à Londres (duc de Westminster). Six esquisses se trouvent au Prado.
YII. 1628. — Histoire de Henri IV. Commandée en 1622 en « pendant » à Y Histoire de la Reine. C’est un de ces ouvrages qui enflammaient Rubens et lui tenaient le plus au cœur; il y avait là, dit-il, « l’étoffe de dix galeries » comme celle de Médicis. Mais après la Journée des Dupes le travail fut abandonné. Des six compositions en train en 1631, deux seulement sont conservées (aux Offices, la Bataille d’Ivry et V Entrée du roi à Paris). Trois autres esquisses à Berlin et à Vienne, coll. Lichtenstein.
VIII. 1629. — Apothéose de Jacques Ier. Six plafonds pour la grande salle de Whitehall à Londres. C’est l’œuvre de Rubens qui rappelle le plus les conceptions de Véronèse au palais des Doges. Elle a par malheur fort souffert.
IX. 1631. — Histoire d’Achille. Huit cartons de tapisserie. Les esquisses originales passèrent, à Paris, en 1855, à la vente Collot (cf. les admirables pages de Delacroix, Journal, II, p. 69 sqq.). Une seule, la Mort d’Achille, s’est retrouvée depuis ; elle est à Berlin. t
X. 1635. — - Entrée du Cardinal-Infant à Anvers. Il s’agissait ici de décorer une ville entière : arcs et chars de triomphe, trophées, allégories, symboles, portraits, scènes mythologiques, une prodigieuse dépense d’architecture et de pittoresque. Rubens eut sous ses ordres, pour en venir à bout, tout ce qu’il y avait alors de peintres à Anvers. Ses esquisses sont dispersées un peu partout (Pétersbourg, Vienne, Anvers, Dresde, Aix-la-Chapelle). C’est dans ces pages, surtout celles qui présentent des fantaisies d’architecture, qu’on saisit le mieux les rapports de Rubens avec les baroques, un Borromini ou un Bernin.
XI. 1638. — Décorations de la Torre de la Parada et du Buen Retiro exécutées pour Philippe IV. Cent dix-huit peintures, tirées des Métamorphoses d’Ovide, furent expédiées par Rubens le 11 mars de cette année. Le plus grand nombre fut détruit lors du sac de la Torre par l’archiduc Charles en 1710. Le reste est recueilli au musée de Madrid.
XII. 1639.— Dix-huit nouvelles peintures, dont le Jugement de Paris pour le roi Philippe IV. La série ne fut pas terminée.
Ce sommaire, qui ne comprend que les grandes « suites » de Rubens, et où il faut intercaler la foule des œuvres détachées, suffit peut-être à donner un premier aperçu et comme un prospectus général de son acti-