JACQUES JORDAENS
ses réunions de table autour du vieux van Noort (Cassel et Pétersbourg, 1618 et 1620) : ce thème domestique lui fournit la donnée et le personnel de variations joviales, fantaisistes et tapageuses. Ses fabliaux et ses proverbes, ses Fêtes des rois (dix exemplaires de 1636 à 1648), son Satyre et le paysan (douze exemplaires) sont par excellence le poème de la matérialité flamande. Ce sont des hymnes à la victuaille, des odes au
Cliché Hanfstaengl.
Jordaens. — La fécondité. (Musée de Bruxelles.)
dieu Ventre, des charivaris inouïs où, autour d’un roi d’Yvetot glouton à trogne en poire, se célèbrent les vêpres burlesques de la gueule. C’est le triomphe du vacarme et de la goinfrerie. Et, scandée par le cliquetis des mâchoires et des fourchettes, cette œuvre gargantuesque est la grande « chanson à boire » de la peinture.
Entre Crayer et Jordaens, se place Corneille de Vos, un des rares artistes qui se tiennent alors dans une certaine indépendance. Bien que Rubens lui fît lhonneur de l’appeler son aller eyo, Corneille (1585-1651) est avant tout un portraitiste, par là bien différent du maître; et cet infail