LES ELEVES DE RUBENS
üble accent est encore à la base de ses meilleurs morceaux d’histoire. Dans son chef-d’œuvre d’Anvers, la Remise des vases sacrés à Saint- Norbert (1630), on reconnaît la main qui a peint à quelques pas de là l’inoubliable ligure bourrue et couturée d 'Abraham Grapheus (1620), le suisse du cercle des orfèvres, sous sa quincaillerie sauvage et ses breloques larges comme des plats.
La seconde génération. Diepenbeck, Schut, etc. — Après ces peintres éminents commence la foule des disciples. Abraham van Diepenbeck (1596- 1675), iils d’un verrier de Bois-le-Duc, et Corneille Schut, d'Anvers, (1597-1655) furent de féconds fournisseurs des églises de la ville. Le premier est un joli peintre qui devint avec l’àge un baroque détestable. Son Portrait allégorique (Louvre) est une bergerie galante dans l’esprit de d’Urfé, avec des notes argentées de satin rose et blanc, d’un goût un peu « anglais ». Diepenbeck, en effet, a travaillé en Angleterre. La grande œuvre de Schut est. son Assomption dans la coupole de la cathédrale.
Le trio suivant : Pierre van Mol (1599-1650), Juste van Egrnont (1601- 1674) et Théodor van Thulden (1606-1676) forme un groupe important pour l’histoire de la peinture en France. Les deux premiers, lors de l’institution de l’Académie, en 1648, furent des douze «Anciens » ou membres fondateurs. Y an Thulden lit en 1632 et 1647 deux féconds séjours à Paris. Tous revinrent mourir à Anvers.
Deux familles méritent quelque détail de plus. L’une est celle des Quellin, issue d’un sculpteur de talent. L’un des lils, Jan, devint sculpteur comme son père. Un autre, Erasme (1607-1678), devint peintre. C’est un des plus habiles successeurs de Rubens, il eut une grande part au « triomphe » de 1635 pour l’entrée du cardinal infant, et s’acquitta du même office en 1659 et 1665 pour don Juan d’Autriche et don Francisco de Monra. Dans ses œuvres île choix, soit religieuses, soit profanes, Erasme n’est pas indigne du maître qui le forma. A son tour il eut pour élève Wallerant Vaillant, de Lille (1623-1677), qui a des œuvres imposantes à Amsterdam et à Berlin. Son fils Jean Erasme Quellin (1634-1715) est déjà de la décadence.
La famille van Oost soutient seule au xvme siècle l’antique honneur de Bruges. Mais c’est en Italie, et surtout en copiant Rubens, que Jacques van Oost (1600-1671) apprit à peindre. Sa Peste de Milan au Louvre, avec ses tons plombés et ses formes un peu gauches, semble d’un Dominiquin du Nord. Son fils Jacques le jeune (1639-1713) opéra
LES PEINTRES ANIMALIERS
quelque temps à Lille ; mais il finit par se consacrer comme son père à orner de tableaux d’autel et de portraits les églises de sa ville morte.
Les animaliers: Snyders, Fyt, etc. — Tous les musées d’Europe possèdent de ces grandes toiles llamandes peuplées de toutes les bêtes de la création. Pas de genre dont l’intérêt nous soit devenu plus étranger. Il
Jordaens. — Le Roi boit. (Musée du Louvre.)
Au premier plan est Catherine, la femme du peintre. A sa gauche le vieux van Noort, son père, en train de boire.