LA DÉCADENCE FLAMANDE ET LE RAYONNEMENT DE RUBENS
Les petits-neveux de uubëns. — Ce qui fait que les queues d’écoles traînent toujours dans l’ennui, ce n’est pas le manque de talent, c’est, l’inutilité d’un travail qui n’ajoute que des redites à l’œuvre d’un grand homme. Déjà Crayer, Jordaens ne sont que des répliques du maître. Leur fonction fut de lui survivre quelque six ou huit lustres. Ils émergent ainsi dans l'histoire à mi-corps et soutiennent, pareils à deux Termes vigoureux, sa gloire au-dessus de sa tombe.
Il serait facile d’allonger cette liste d’épigones. Elle ménagerait d'heureuses surprises. Jean Cossiers (1600-1671) et Simon de Vos (1603-1076) ont laissé des œuvres aimables dans les béguinages d’Anvers et les églises de Malines. Ni Jean Boeckborst, dit le « grand Jean » (1605-1668), ni Boeyermans d’Anvers (1620-1678) ne sont des peintres à dédaigner Pierre Tliys (1624-1679), dans son grand tableau à portraits de Saint- Jacques, se montre un interprète convaincu du réel. On a de Pierre Francboys (1606-1654) et de Pierre Meert (1609 ?-l 669) , de Bruxelles, des portraits qui supportent de redoutables comparaisons. Enfin Jean van Cleef, de Garni (1646-1716), avec son Saint Joseph couronné par l'enfant Jésus — un tableau qui sent d’une lieue sa dévotion jésuite — et son Martyre de Saint Crépin, est une contrefaçon fort honorable de Crayer.
A cette immense production, que manque-t-il? La vie. On cherche la pensée (pii animerait tous ces reflets. On sent que l’art, flamand tombe dans la manufacture. La décadence se précipite. On voit s’accentuer, comme dans un organisme sénile, cette sclérose de l’art qui est l’académisme. L’Académie de Téniers est fondée à Anvers en 1663. Mais c’est à Liège que les premiers symptômes apparurent. De Gérard Douffet (1594- 1660), l’élève direct de Rubens, à son élève à lui, Bertholet Flémalle (1614-1675), le mal fait des progrès. Tous les deux sont déjà {dus