‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 94 sur 391 · LES ELEVES DE FRANS H ALS · texte numérisé non relu

LES ELEVES DE FRANS H ALS

formes diverses de son extrême paresse. C'est elle qui fait de lui le plus journalier des artistes, tour à tour le plus ennuyé ou le plus étincelant. Tout le disposait à être le peintre de l’émotion la plus légère et la plus fugitive. Quand on y songe, rien n'est plus rare que le rire dans l’art. Cette franchise de bonne humeur fait de Hais une figure infiniment originale ; elle devient charmante, quand il observe le rire le plus délicieux de tous, le rire de l'enfance. Son tableau de Berlin, Nourrice et nourrisson , est une merveille trois fois précieuse. D'abord, le grand praticien n’a rien fait de plus accompli que la robe, les guipures, les broderies du bébé. Et l’on aime ici un des rares éclairs de tendresse qui aient illuminé cette grande intelligence sceptique, - — le hasard qui donne à cette œuvre le sens d'une Madone bourgeoise et hollandaise.

Les élèves de Frans Hals. — Toute une école se forma autour de ce grand peintre. Jusqu’en 1610, Haarlem est le grand centre pittoresque de la Hollande

Le « genre ». depuis Jérôme Bosch et Brueghel, ne s’était jamais complètement éteint dans le pays. Gabel (1585-10 35), Averkamp (1585-1663), sont de petits peintres timides des polders et des sports d’hiver. Adrien Van deVenne, de Delft (1589-1662), est un lettré, un poétereau, un moraliste ingénieux, ami de Brueghel de Velours. La Hollande avait le droit d’attendre un art plus hollandais : c’est ce que lui donna l’école de Frans Hais.

Je passe sur les pasticheurs, sur Hendrik Pot (1585-1657), malgré son talent, et sur Judith Lysler (1600-1660), cette jeune femme qui entra dans le stvle du maître au point que ses œuvres ont pu être prises longtemps pour des œuvres de Hals. Mais un second groupe plus nombreux se noua autour de Dirck Hals, le cadet de Frans et son élève (1591-1656). Grâce aux œuvres de ce joli peintre, le génie de son frère, atténué, tamisé, réduit aux proportions de la peinture de chevalet, rayonna dans un cercle d’artistes, nés presque tous ensemble aux environs de 1600, et qui forment la première volée des petits maîtres nationaux. Ils ont vraiment créé le tableau hollandais, le tableau d’intérieur, le petit morceau de collection, de goût et de style modestes, de prétentions toutes familières, fait pour orner nos murs comme un meuble de choix. La couleur est claire, nacrée, à base froide, rompue, avec tout le piquant de la palette de Hals, un miroitement de nuances fleuries, qui reproduisent en miniature les exquises harmonies des cloelen stukken de 1627. La peinture.

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