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LA NATURE MO LITE EN HOLLANDE

respirant le bien-être d’nn homme qui, après les mauvais jours, jouit du luxe d’une douzaine d'huîtres et d’un verre de vin du Rhin. Tout ce que l’œil le plus attentif peut mettre de finesse à détailler une forme, à analyser un reflet, h saisir les relations entre deux objets voisins, et la main la plus patiente à rendre la nature et la substance des choses, voilà ce qui fait le charme de ces petits tableaux. Avec Pieter Claesz (1590-1661), le père du fameux Berchem, avec Willem Heda, de Haarlem (1594-1678) et Frans Hais le jeune, le (ils du maître, commence cette curieuse famille d’artistes, inlassablement occupés de l’éternel verre à moitié vide près de l’éternel bocal renversé, et de l’immuable citron à demi pelé sur une assiette, sans que jamais le vin soit au même niveau dans le verre, que le bocal abattu se présente sous le même angle, ou que la spirale de zest ôtée autour du fruit en soit au même point de son petit ruban jaune.

Les romanistes : Honthorst, Lastman, Segers, etc. — On se figure qu’à dater de Hais, c’en est fait subitement de 1 art des romanistes. 11 n’en est rien. Goltzius ne meurt qu’en 1616, Cornelis en 1638, Bloemaert en 1651, à quatre-vingt-sept ans. L’habitude s’est prise de les traiter par le dédain : c’est toute une partie du génie hollandais que l'on renonce à expliquer.

Une grosse affaire, en effet, passionne tous ces ateliers : c’est la querelle du dessin et de 1’ « effet », des colorations claires et du travail plus sourd, plus ombré, plus profond de Corrège. En Hollande, la manière claire obtient d’abord tous les suffrages. Frans Hais, jusqu’en 1640, est un « clariste » déterminé.

C’est alors que le parti « brun » reçut le renfort de Garavage. Grâce à un élève de Blœmaert, Ter Bruggben, lequel revenait de Rome en 1614, le fameux « jour de soupirail » était révélé à Utrechl cinq ans après la mort de l'inventeur. Il ne nous reste presque plus rien de Ter Bruggben Mais en 1622, arrivait d’Italie l’apôtre par excellence de la manière noire, ce Gérard van Honthorst (1590-1654) auquel son art fuligineux, ses effets de torches et de flambeaux et ses manies de noctiluque valurent, dans le pays, le nom de « Gérard de la Nuit ».

Mais un nouveau groupe beaucoup plus intéressant se ralliait à Rome autour d Elsheimer. On n’a pas oublié cet Allemand singulier, ce « vrai Adam » (Sandrart), ce tentateur de voies nouvelles, dont le charme toucha tous ceux qui l’approchèrent, et qui demeure un des grands poètes du paysage moderne. Pendant vingt ans, son cercle fut le rendezvous de la petite Germanie, de la Hollande de là-bas, obscurément

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