DIFFÉRENTS MODES DE STRANGULATION
Il faut alternativement soulever et abaisser la tète et ces manœuvres sont incompatibles avec la rapidité qu’exige un crime. Pour qu’il y ait meurtre, un seul tour suffit, à condition que la ficelle soit solide, que le nœud soit bien fait et que l’effort soit donné avec vigueur. La présence de plusieurs tours de corde autour du cou plaide beaucoup plus en faveur d’un suicide.
Il est souvent difficile de se rendre compte du degré de constriction.
Deux cas peuvent se présenter en effet : dans l’un, la corde est peu serrée, pas plus que ne l’est par exemple un faux col un peu étroit. Il se produit alors un peu de congestion de la face, parce que les jugulaires sont comprimées ; cette congestion va en augmentant, non pas parce que le lien se resserre davantage, mais uniquement parce que les jugulaires et les tissus du cou se gonflent de plus en plus.
Si, au contraire, le lien est très serré, la congestion se fait ou ne se fait pas, mais dans tous les cas, après la mort, il se produit un relâchement du cou, et le lien ne parait plus serré. Dès que la putréfaction commence, le lien opère une nouvelle constriction, considérable cette fois, parce qu’elle s’oppose à la circulation posthume due à la putréfaction. Cette constriction donne naissance à un sillon souvent très prononcé et qui peut s’enfoncer dans les chairs jusqu’à une profondeur de un centimètre à un centimètre et demi.
On vous demandera également aux assises s’il faut une grande vigueur pour étrangler quelqu’un, s’il est nécessaire d’employer les deux mains, etc. Rappelez-vous ce que je vous ai dit à ce propos : on étrangle un nouveau-né en comprimant le cou avec deux ou trois doigts; pour étrangler un adulte, les deux mains doivent entrer en action.
N’insistez pas, dans votre réponse, sur le degré de vigueur que le meurtrier a pu déployer.
Rappelez-vous aussi que la mort, dans la strangulation, est accompagnée de convulsions qui peuvent produire sur les
bras, les mains, les jambes, des ecchymoses et des érosions.
Lorsque la mort est le résultat d’une inhibition, vous ne trouverez aucune lésion.
Questions médico-légales. — Les questions qui vous seront posées par les magistrats sont celles que j’ai passées en revue à propos de la pendaison.
Voici la première : La mort a-t-elle pour cause la strangulation? — Dans votre réponse vous tiendrez compte des renseignements donnés, du degré de vigueur ou de faiblesse de l’agresseur et de la victime ; vous rechercherez les conditions de surprise, et noterez l’état du lien et du nœud.
La seconde question est plus embarrassante : le juge vous demandera si la mort arrive rapidement dans la strangulation ?
Messieurs, dans certains cas, la mort arrive très vite, elle tarde longtemps dans d’autres. Je vous ai cité plusieurs fois le cas du petit garçon, sautant après le larynx d’une vieille marchande de tabac comme il aurait sauté après un papillon, et tâchant de l’attraper. Au moment où il le saisit, la femme tombe morte, sans pousser un cri, sans proférer une plainte; son mari, qui se trouvait de l’autre côté d’une simple cloison, n’avait rien entendu.
Les choses se passent-elles ainsi d’habitude ? Non, Messieurs, qu’il s’agisse d’une strangulation par un lien ou d’une strangulation à la main, la lutte est beaucoup plus longue. Si la victime est un adulte, les personnes qui ont entendu des cris, le bruit de battement des pieds, au moment des convulsions, estiment, lorsqu’elles sont interrogées, la durée de la scène à dix minutes, quelquefois à un quart d’heure. C’est une lutte très longue, même pour l’individu qui assassine. J’ai reçu sous ce rapport des confidences que je n’ai pas révélées aux assises, car j’aurais abusé de la confiance d’un inculpé, et celles-ci auraient augmenté la réprobation qu’il inspirait.
Au Palais-Royal (1), dans la galerie Montpensier, une femme est assassinée dans sa boutique. L’assassin m’a avoué que la lutte avait duré vingt minutes et il n’était pas seul. Il avait un complice qui maintenait les jambes de la victime serrées avec une courroie, pendant que lui-même cherchait à l’étrangler.
Je sais bien que l’appréciation exacte du temps est bien difficile et qu’il ne faut jamais en accepter l’évaluation comme absolument certaine. Cependant nous n’ignorons pas que dans la pendaison, où la possibilité de reprendre haleine n’existe pas, la mort arrive quelquefois très lentement. Dans la strangulation, dans la strangulation à la main surtout, la victime peut encore de temps en temps faire arriver de l’air dans ses poumons. 11 est donc possible que la lutte dure dix minutes, peut-être un quart d’heure.
Déplus, nous ignorons s’il n’y a pas eu inhibition et par conséquent mort subite. Aussi lorsqu’on nous pose la question, nous ne pouvons répondre que d’une façon un peu vague et insister sur les différences de temps résultant du mécanisme de la mort. Je ne crois pas que nous soyons autorisés à dire que la lutte a pu se prolonger pendant quinze minutes, car nous n’en sommes pas certains et cette affirmation non justifiée aggraverait la situation de l’inculpé.
Lésions extérieures. — Je passe d’abord en revue les signes communs aux deux 'procédés de strangulation.
Il faut rechercher avec soin les traces de violences extérieures, sur la tête surtout et en particulier aux tempes. Le meurtrier assène en général un coup violent sur la tête de sa victime pour l’étourdir et l’empêcher de se défendre.
La victime était debout, elle tombe et d’autres lésions sont la conséquence de la chute. Les individus portent quelquefois des contusions aux deux coudes, sur la région dorsale. Ces lésions sont dues à la chute brusque en arrière; je les
(t) Observation 5.
ai nettement constatées chez une vieille femme (1) étranglée par Hodister, Mmc Crémieux, dont le peigne s’était cassé et dont les dents s’étaient enfoncées dans le cuir chevelu.
Ce n’est pas tout : après avoir constaté les traces de violences exercées sur la victime, vous pouvez être appelés à constater la trace de violences chez le meurtrier. Lesquelles? A moins que le premier coup porté par l’assassin ait absolument mis l’individu qu’il veut étrangler hors d’état de se défendre, il y a lutte entre la victime et le meurtrier. La victime a deux moyens de défense : la bouche et les mains.
Au moment où l’assassin comprime d’une main le larynx et le refoule violemment contre le fond du pharynx, il place la main sur la bouche de la victime pour étouffer ses cris. On comprend que celle-ci cherche à se défendre et morde souvent, profondément, la main du meurtrier.
Hodister, le jeune assassin de Mme Crémieux, a été mordu à la main. Après avoir accompli son crime, il alla se faire panser par un pharmacien du voisinage. Quelques heures après, ce pharmacien apprend qu’une femme a été étranglée dans le quartier; il pense qu’il y a peut-être une relation entre ce crime et les blessures du jeune homme auquel il a donné ses soins; il raconte les faits à M. Jacob, alors chef de la sûreté.
J’avais été commis dans l’affaire et je fis immédiatement mouler les mâchoires de Mme Crémieux, dont la denture présentait des défectuosités absolument caractéristiques. Hodister, qui avait passé la frontière, est arrêté en Belgique sur un vague soupçon, les moulages sont envoyés à Bruxelles : ils s’adaptaient exactement aux blessures constatées sur les doigts d’Hodister : il y avait là une signature difficile à protester.
La strangulation, en dehors de l’infanticide dont je ne m’occupe pas en ce moment, s’exerce surtout sur les femmes, d’abord parce qu’elles sont moins vigoureuses et ensuite
(1) Observation ?l.
par l’isolement dans lequel se trouvent forcément les filles dans leur exercice professionnel. Aussi les ongles jouent-ils, dans la défense des victimes, un très grand rôle. Il en est de même des pédérastes.
Une fille, de mauvaise vie, est étranglée à Melun ; l’assassin est recherché, sans succès. Le juge d’instruction rencontre dans la rue un individu qui a la figure toute griffée, il le suit, et quand il rencontre un gendarme le fait arrêter. L’individu, interrogé, nie toute participation au crime. S’il a des égra-
Fig. 33. — Suicide par strangulation au moyen d’un lien.
tignures sur le visage, c’est qu’il a passé à travers une haie ; mais ses vêtements ne sont pas déchirés et, du reste, il Jne peut retrouver la haie à travers laquelle il aurait passé. Il finit par avouer que c’est lui qui a étranglé la fille.
Yous pouvez trouver des traces de violences sur d’autres parties du corps. Ainsi dans le crime de la rue Fontaine où une femme fut assassinée par un individu qu’on n’a jamais retrouvé, on constata sur le corps de la victime une ecchymose ronde, de la largeur d’une pièce de cinq francs, sous la clavicule, et une autre, un peu plus petite, au-dessus du pubis.
La distance qui séparait ces deux ecchymoses était exacte-
ment celle qui sépare le genou de la pointe du soulier chez une personne de petite taille.
La couleur de la face est en rapport avec l’état de la circulalion. Dans certains cas la face est pâle, dans d’autres elle est bleue (ûg. 33). Tardieu dit que dans la strangulation à la main la face est plus pâle que dans la strangulation au moyen d’un lien. Le fait n’a pas été vérifié.
Tardieu insiste davantage sur le piqueté hémorrhagique qui se montre plus abondant qu’à la suite de la pendaison, sur la face (ûg. 34), les conjonctives, le cou, les épaules, le thorax. Il faut rechercher ce piqueté, mais il ne faut pas conclure de sa présence seule à un crime, car on le retrouve chez les personnes qui ont eu le mal de mer, chez les enfants, après une forte quinte de coqueluche, chez les épileptiques, après une attaque.
Je vous rappellerai, à ce sujet, une affaire qui a failli donner lieu à une erreur judiciaire et dans laquelle Tardieu intervint.
Une nuit, rue du Bac, des gardiens de la paix trouvent ouverte la porte de la boutique d’un horloger; ils entrent et se trouvent en présence d’un cadavre. Le médecin, appelé le lendemain matin à déterminer les causes de la mort, constate dans son rapport qu’il a trouvé sur les épaules et la face un piqueté hémorrhagique. L’hypothèse d’une strangulation se fait jour.
Or, la même nuit, on avait arrêté, une heure environ après que les agents eurent constaté la mort de l’horloger, une bande de cambrioleurs dans cette même rue du Bac; on crut tenir les assassins; on les interroge séparément et tous les trois firent la même réponse : Ils avouèrent avoir pénétré, par la porte ouverte, dans la boutique de l’horloger et s’être retirés précipitamment dès qu’ils aperçurent le cadavre. En poursuivant son enquête, Tardieu apprit que cet horloger était sujet à de fréquentes crises d’épilepsie : il avait succombé pendant une attaque.
L’état de la langue est très discuté par les auteurs. D’après
Figure 34.
Femme étranglée au moyen d’un lien. — Plaie superficielle au niveau du sourcil gauche. Infiltration du tissu cellulaire de la paupière gauche, tuméfaction du tissu cellulaire et de la peau des lèvres, du cou et de la face. Piqueté hémorrhagique sur la face
les uns elle serait saillante, projetée hors de la bouche; d’après les autres elle serait placée derrière les arcades dentaires. Dans les cas, très nombreux, que j’ai eu l’occasion d'examiner, je n’ai jamais trouvé la langue expulsée au dehors, quand la putréfaction n’était pas commencée. Elle était ou serrée entre les dents ou si exactement appliquée contre elles qu’elle en gardait l’empreinte.
Les narines et la bouche laissent s’écouler une spume, semblable à de l’écume bro:. hique, souvent rosée et sanguinolente. La présence de cette spume a donné lieu, quelquefois, à des erreurs singulières. Tardieu en raconte une qui mérite d’ètre rappelée, parce qu’elle montre que certains de nos confrères, devenus médecins experts malgré eux, ont une confiance en eux-mêmes vraiment trop grande. Tout médecin peut être appelé à faire une expertise ; il ne peut se soustraire à son devoir, lorsqu’il a été commis, mais il devrait au moins, s’il n’est pas préparé à la mission qui lui est imposée, se rendre compte de son insuffisance et demander conseil à des confrères plus instruits.
On trouve, à Versailles, le cadavre d’un individu, portant un sillon autour du cou et des narines duquel s’écoulait une spume rougeâtre. Deux experts sont commis pour rechercher la cause de la mort. Sans ouvrir le crâne, sans faire une autopsie complète, ils concluent à une apoplexie cérébrale, parce que, selon eux, la présence d’une spume sanguinolente et d’un sillon autour du cou étaient les signes habituels de l’apoplexie. Tardieu fut chargé d’une nouvelle expertise, et rectifiant celle des premiers experts, il conclut à un assassinat par strangulation.
J’arrive maintenant aux constatations particulières à chacun des deux procédés de strangulation.
S’agit-il du 'procédé par un lien, vous aurez à rechercher l’existence du sillon (fig. 35). En étudiant la pendaison (1),
(1) Voir p. 29.
Figlre 35.
Femme étranglée à l’aide d’un lien. — Existence de sillons sur le cou. Nombreux stigmates onguéaux sur la peau de la face et du cou. (Obs. 3.)
j’ai appelé votre attention sur deux figures schématiques par lesquelles M. Durand-Fardel différenciait le mode d’application du lien dans la pendaison et la strangulation. Oblique* par rapport à l’axe vertical du cou, dans la première, le lien est au contraire à peu près horizontal et perpendiculaire à cet axe, dans la seconde. Je vous ai dit, et je le répète, qu’il ne fallait pas faire de la direction du lien, une règle absolue* car certains pendus ont présenté un sillon absolument horizontal et perpendiculaire à l’axe du cou, et d’un autre côté, Caussé d’Albi a rapporté le fait d’un individu qui, après s’être passé le nœud coulant d’une corde autour du cou, en avait attaché le bout libre à son pied et s’était étranglé en tirant sur la corde. Le sillon était oblique et absolument pareil à celui qu’on trouve dans la pendaison.
J'insiste plus particulièrement sur les deux caractères suivants : On pense, au premier abord, que le sillon doit être continu ; ce n'est pas absolument exact. Une partie du vêtement, le col de la chemise ou même du gilet sont quelquefois interposés entre le lien et la peau. L’individu peut mourir et ne présenter qu’un sillon très imparfait. M. Tourdes a noté que chez deux individus très barbus, le lien avait été placé par-dessus la barbe et il n’a pas été possible de constater, chez eux, sur la région antérieure du cou, l’existence d’un sillon.
La continuité du sillon est plus marquée chez les gens gras que chez les personnes maigres.
D’un autre côté on insiste beaucoup sur le nombre des sillons, indiquant que la corde a fait plusieurs fois le tour du cou. On a parfois conclu, de la multiplicité des tours, à la presque certitude d’un crime. C’est l’opinion inverse qui est la vraie. Ainsi que je vous l’ai dit, il est facile à un individu* qui est debout, d’enrouler plusieurs fois un lien autour de son cou. Mais quand l’individu est couché par terre, alors même qu’il est sans connaissance, la chose est bien plus difficile; il faut soulever la tête à plusieurs reprises, afin d’appliquer les tours de lien successifs, et ce sont là des ma-
Figure 36.
Femme étranglée à l'aide d’un lien. — Érosions superficielles de l’épiderme au niveau de l’union de la peau du cou avec celle du menton, déterminées par l’empreinte d’uue courroie. Taches ecchymotiques sur le haut de la poitrine. (Obs. 5.)
nœuvres incompatibles avec la rapidité avec laquelle doit opérer un assassin, qui a peur d’ètre surpris.
Le sillon de la strangulation n’a pas les mêmes caractères que celui de la pendaison. Il n’est pas parcheminé, il est pâle. Dans le sillon de la pendaison la peau est comme tassée, le tissu cellulaire sous-cutané est condensé et présente, quand on le soulève, cet aspect caractéristique que l’on a appelé la lame d’argent.
Yous ne trouverez aucun de ces caractères en examinant le sillon de la strangulation. Pourquoi cette différence?
Dans la strangulation, lorsque le lien est appliqué, il est au début très serré, mais après la mort, avant que la putréfaction n’intervienne, les tissus se décongestionnent et le lien se desserre.
Dans la pendaison au contraire, le corps continue à peser sur le lien, même après la mort, et de telle façon que la tension devient de plus en plus forte : le lien comprime de plus en plus la peau et le tissu cellulaire. Enfin, dans la strangulation, le lien est serré à l’aide des mains et personne ne peut serrer ni assez longtemps, ni assez fortement pour produire un sillon semblable à celui de la pendaison.
Selon la nature du lien le sillon peut manquer ou être à peine marqué. Un foulard, un cache-nez, un bas de laine ne laissent guère de traces sur le cou.
Les ecchymoses autour du cou (ûg. 36) sont beaucoup plus fréquentes que dans la pendaison : elles ne semblent pas répondre toujours à des contusions directes.
Il peut y avoir des érosions sur la peau du cou et du visage. Pichegru avait sur l’une des joues une érosion que les experts ont constatée; plusieurs d’entre eux concluaient à l’assassinat. Le bâton trouvé dans la cravate du général n’y aurait donc été passé qu’après coup : aussi prétendaient-ils que l’érosion de la joue était due à l’action d’un révulsif, tel qu’un sinapisme appliqué après la mort, dans le but de faire croire à un frottement de ce bâton sur la joue.
Il me reste à vous signaler une cause d’erreur : les gens
Figure 37.
Femme étranglée à la main. — Érosions onguéales multiples sur la face et le cou. (Obs. 18.)
P. Brouardel. — La Pendaison.
obèses ont, comme vous avez pu l’observer, un sillon graisseux incomplet autour du cou, qui peut en imposer au premier abord et faire croire à un sillon de strangulation. Il en est de même chez les enfants gras. J’ajoute que, choz les nouveau-nés, il faut toujours penser aux circulaires du cordon ombilical. 11 suffit de signaler ces causes d’erreur, je n’y insiste pas davantage.
Dans la strangulation à la main, les lésions sont bien plus multiples et plus spéciales. Cela tient à la manière même dont les choses se passent. Sauf le cas de faiblesse excessive de la victime, comme lorsqu’il s’agit d’un enfant, sauf encore le cas où la victime succombe brusquement dès la première étreinte, par inhibition, la scène dure quelquefois dix et même quinze minutes. Il est impossible de garder la main à la même place, pendant un temps si long. La main se déplace constamment, elle ne reste pas appliquée sur le larynx, elle comprime en outre les parties latérales du cou, sur lesquelles les doigts, les ongles s’impriment. Ces lésions siègent surtout à la région sus-hyoïdienne, au niveau du larynx, sur la face, près du nez, autour de la bouche. Elles sont en général très nombreuses, il n’est pas rare d’en compter une soixantaine.
On a souvent parlé du stigmate onguéal ; on a décrit des coups d’ongle qui avaient tant de millimètres de longueur sur tant de millimètres de largeur. Cela est exact (ûg. 38 et 39), mais cette constatation ne peut guère s’appliquer qu’à l’ongle du pouce. Le pouce, en effet, reste seul à peu près immobile; les autres doigts se déplacent et ne laissent pas d’empreinte nette. Lorsque la victime transpire, qu’elle est grasse ou mieux encore si c’est un enfant encore couvert de son enduit sébacé, les doigts glissent continuellement.
On peut parfois reconnaître l’assassin d’après la trace qu’a laissée son ongle, mais c’est un cas exceptionnel. Le stigmate onguéal a une forme courbe à sa base, surmontée par une plaque à sommet mousse plus prononcée à la partie
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