‹ La pendaison, la strangulation, la suffocation, la submersionChapitre 27 sur 48 · SUFFOCATION ACCIDENTELLE · texte numérisé non relu

SUFFOCATION ACCIDENTELLE

Cet état de choses dura dix-huit mois à peu près; on a pensé que quelques centaines de personnes avaient été ainsi assassinées.

Dans votre enquête médico-légale, recherchez les stigmates onguéaux que vous pourrez trouver sur la face ou les mains, les empreintes des doigts: quelques auteurs ont noté l’aplatissement du nez et des lèvres; je ne l’ai que rarement observé.

Suffocation accidentelle. — J’arrive à Y enfouissement

de l'individu vivant; je ne m’arrête pas à l’enfouissement des nouveau-nés; on les enfouit dans du fumier, dans des cendres, dans le sable, dans la farine, dans le son; je traiterai cette question quand j’étudierai l’infanticide.

Je n’ai jamais eu à Paris l’occasion de faire une enquête sur l’enfouissement d’un enfant nouveau-né vivant ou d’un adulte. Ces faits ne se produisent que dans les petites villes ou à la campagne. Dans tous les cas, même pour un nouveauné, la chose n’est pas facile. Lorsqu’une femme tue son enfant, c’est pour cacher sa honte et échapper aux suites de sa faute ; si elle veut l’enfouir vivant, avant qu’elle ne soit arrivée au fond du jardin, ou à tout autre endroit qu’elle croit propice à l’accomplissement de son crime, l’enfant aura crié et ses cris auront révélé sa naissance.

On n’enfouit donc, en général, que des enfants morts ou que l’on croit être morts.

L’enfouissement d’un adulte offre encore bien plus de difficultés. Il existe, cependant, des individus qui se font enterrer vivants et il y a là un fait très troublant au point de vue physiologique.

Vous avez tous entendu parler des fakirs de l’Inde; ces fakirs, derviches sauteurs, hurleurs ou danseurs, vivent aux Indes, dans les villes, autour des temples, ils jouissent d’une grande vénération ; ils se font enfouir pendant quelques jours, et quelquefois cet enfouissement dure deux ou trois semaines. Quand on les retire, ils sont vivants.

Yoilà ce que nous savons. Est-ce absolument exact? La

première impression que nous avons tous ressentie est que nous nous trouvons là en présence de relations plus ou moins véridiques, et que les voyageurs qui ont assisté à ces scènes d’enfouissement se sont laissés prendre à quelque supercherie.

Eh bien, Messieurs, il semble aujourd’hui que cette première impression n’est pas exacte. Depuis quelques années la question a été très sérieusement étudiée; des savants européens, des médecins allemands surtout, sont allés aux Indes et s’y sont livrés à des enquêtes absolument scientifiques. Je vous citerai surtout celle du Dr Kuhn, de Munich.

Lorsqu’on a lu les enquêtes des médecins allemands, n’est plus permis de douter, et on se demande comment, eu égard à nos connaissances actuelles, cet enfouissement est possible.

Je sais bien que dans certaines conditions déterminées, quand l’épaisseur de la croûte de terre n’est pas très considérable, quand il y a des fissures à travers lesquelles un peu d’air peut filtrer, des individus ont pu être enfouis et vivre pendant un certain temps : les accidents qui arrivent aux puisatiers nous en fournissent des exemples. Mais ce n’est qu’une explication bien insuffisante et là n’est pas la question vraie.

Les fakirs sont des fanatiques, ils sont dans un état particulier, analogue à celui des grandes hystériques. Observez les grandes hystériques : elles prétendent qu’elles ne mangent pas, qu’elles n’urinent pas, qu’elles ne défèquent pas : elles ne sont pas anuriques cependant. Elles mangent une ou deux figues par jour, elles éliminent environ 30 à 40 grammes d’urine dans les vingt-quatre heures; elles rendent tous les deux jours 13 à 20 grammes de matière fécale; elles peuvent très facilement dissimuler et leurs ingesta et leurs excreta. Empereur, un de mes anciens élèves, qui a étudié la physiologie de l’hystérique d’une façon très approfondie, a constaté que ces grandes hystériques, qui sont, je le veux bien, des simulatrices par un petit côté, sont dans un état de nutrition

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