‹ La pendaison, la strangulation, la suffocation, la submersionChapitre 36 sur 48 · INFLUENCES PERSONNELLES · texte numérisé non relu

INFLUENCES PERSONNELLES

liales sont décollées et dissociées, mais parce que les bronches sont remplies de spume. Rien n’est plus difficile, même sur le cadavre, que de débarrasser les bronches de cette écume.

Influences personnelles. — Nous devons aussi compter avec les influences personnelles. On dit, Messieurs, que si un individu, qui est en travail de digestion, est précipité dans une rivière, il n’en sort plus. J’ai vu cependant, en Angleterre, des jeunes gens se baigner après avoir déjeuné, et il ne leur est arrivé aucun accident; en Suède, en Norvège, on se baigne également en sortant de table.

En France, nous considérons qu’un bain froid, pris après un repas, est éminemment dangereux. Sur quelles bases rer pose cette opinion? Gomment meurt-on quand on se jette à l’eau l’estomac plein? M. Tourdes a cru qu’il fallait mettre les accidents sur le compte de l’ivresse. C’est, je crois, une exagération; beaucoup de gens meurent en se baignant après leur déjeuner, bien qu’ils ne soient pas ivres.

Je vous ai dit, en vous parlant de l’inhibition, qu’un coup porté sur l’estomac en plein travail de digestion pouvait déerminer la mort, et qu’il eût été inoffensif si l’estomac avait été vide. Rappelez-vous les expériences faites par M. François Franck, dans le laboratoire de M. Marey : On a pris deux grenouilles; l’une était à jeun, l’autre avait mangé. Un marteau frappait sur l’estomac de chacune d’elles. Le pouls de la grenouille dont l’estomac était vide n’était pas ralenti ; chez la grenouille qui était, au contraire, en travail de digestion, les pulsations sont tombées jusqu’à trois par minute, mais il n’y eut jamais de syncope. Je vous cite cette expérience comme une explication possible.

Peut-être la mort est-elle due parfois à un effort de vomissement qui ferait pénétrer des matières alimentaires dans les bronches; je ne sais, car je n’ai aucune preuve, c’est une simple hypothèse.

Il y a peut-être lieu de rapprocher de ces cas le fait suivant; je vais vous citer, non pas l’opinion d’un savant, mais

celle d’un professionnel. Un jour, au bain Petit, je m’entretenais avec un maître baigneur. Tout à coup, il me montre urt individu dans l’eau en me disant : « Cet homme, va couler; il est bleu. » 11 quitte ses vêtements, se jette à l’eau, plonge et ramène son homme.

11 est clair qu’il s’est passé, chez cet individu, quelque chose d’analogue à ce que l’on observe parfois chez les personnes qui prennent une douche ; il s’est produit chez lui une paralysie des vaisseaux capillaires sous l’influence du froid ; quand il y a paralysie des capillaires, le refroidissement du sang se fait très rapidement. Rosenthal dit que l’on peut rester sous la douche tant que les capillaires ne se dilatent pas : « mais, ajoute-t-il, malheur à ceux dont les capillaires se dilatent sous la douche ». Le sang, rapidement et considérablement refroidi, retourne au cœur en grande abondance : la vie devient impossible.

Peut-être se passe-t-il quelque chose d’analogue chez les individus qui entrent dans l’eau au moment de la digestion.

Influence des milieux. — Nous devons considérer au point de vue de l’influence du milieu dans lequel tombe un individu, la nature et la température de ce milieu.

On peut se noyer dans l’eau d'un égout. On dit, en Hollande, que loi*lqu un individu tombe dans les canaux d’Amsterdam, il meurt immédiatement, empoisonné. J’ai vu les canaux d’Amsterdam ; ils sont, en effet, très sales. Je ne crois pas cependant que le dicton soit absolument vrai. Les gens qui tombent dans le canal Saint-Martin, à Paris, lequel n’est pas très propre, ne meurent pas empoisonnés.

Les matières en décomposition contenues dans l’eau des canaux ou des égouts, pénètrent avec elle dans les bronches et hâtent la putréfaction locale.

Je ne m’arrêterai pas longtemps sur l’influence des autres milieux dans lesquels on peut mourir par submersion. Je vous ai parlé l’année dernière de l’asphyxie des vidangeurs, due au dégagement de l’hydrogène sulfuré et du sulfhydrate

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