‹ La pendaison, la strangulation, la suffocation, la submersionChapitre 41 sur 48 · Submersion. Suicide probable. Deux mois d'eau ( le · texte numérisé non relu

Submersion. Suicide probable. Deux mois d'eau ( le

noyé avait disparu le 29 décembre 1881 , il a été repéché le 21 février 1882. Autopsie le 22 février 1S82). — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Feuilloley, substitut de M. le procureur de la Bépublique près du tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 22 février 1882, ainsi conçue :

« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 21 février 1882 par M. le commissaire de

police de Levallois-Perrel, constatant l’envoi à la Morgue du cadavre du nommé Arthur S..., repêché dans la Seine à Levalloi s -Perret.

« Attendu qu’il importe de déterminer les causes de la mort.

« Commettons M. le Dr Brouardel, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à celte autopsie le 22 février 1882.

Le cadavre est celui d’un homme grand et vigoureux, âgé de trente-huit ans. Une grande partie du corps est couverte de limon. La putréfaction est avancée et la rigidité cadavérique a complètement disparu. L’épiderme de la face dorsale de la main est enlevé; celui des pieds s’enlève facilement, les ongles se détachent par la moindre traction.

Les globes oculaires sont saillants. La cavité thoracique est très distendue, et par des piqûres pratiquées dans le tissu cellulaire de cette région, s’échappent des gaz inflammables qui brûlent avec une lueur bleue.

On ne trouve pas de traces de violences sur les différentes parties du corps.

Les os du crâne ne sont pas fracturés. Le cadavre est trop putréfié pour qu’il soit possible de constater l’existence de lésions superficielles.

Dans l’œsophage, on trouve un peu de matières alimentaires. La trachée et les grosses bronches ne contiennent pas de liquide, ni •de sable ou de spume bronchique.

Dans les cavités pleurales, on trouve environ 100 grammes de liquide légèrement coloré par transsudation de la matière colorante du sang.

Dans le péricarde très peu de liquide. Les poumons ne présentent pas d’adhérences et l’on ne constate pas d’ecchymoses souspleurales ni sous-péricardiques. Ils ne sont pas très congestionnés, mais crépitants sous le doigt. Ils ne contiennent pas de tubercules.

Le sang contenu dans les vaisseaux est très fluide.

Le cœur est vide de caillots et de sang liquide.

Les valvules paraissent saines.

Le foie est gros et putréfié.

La rate n’est pas diffluente.

Les reins sont gros, putréfiés et se décortiquent bien.

La vessie renferme un peu de liquide trouble.

5G6 LA SUBMERSION

Conclusions. — 1° La mort du sieur S... est le résultat d’une submersion ;

2° On ne trouve sur le cadavre aucune trace de violences. '

26. Submersion. Homicide ? Deux mois d eau (janvier-février). — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par. M. Ragon,juge d'instruction près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 5 mars 1860, ainsi conçue :

« Vu la procédure commencée contre : 1° C... (Jules-François); 2° F... (Elfride-Frumence).

« Inculpés d’avoir, le 9 janvier dernier, commis un homicide volontaire sur la personne d Hippolyte C...

« Attendu que le cadavre de cet individu retrouvé dans la Seine à Saint-Denis a été formellement reconnu par la dame G..., née Marie-Louise C..., et par la demoiselle Ernesline C... pour être celui de leur frère Hippolyte.

« Attendu la nécessité de constater judiciairement l’état où se trouve en ce moment le cadavre et de procéder à son autopsie.

« Ordonnons qu’il y sera procédé par M. Brouardel, lequel, après avoir reconnu l’étal où se trouve le cadavre, recherchera sur son corps tous indices de crime et notamment s’il existe trace de coups ou de violences ayant pu déterminer la mort. *>

Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le 6 mars 1880.

Aspect extérieur. — Le cadavre est celui d’un homme vigoureux. Il est dans un état de putréfaction très avancée; l'épiderme de la face supérieure des mains et des pieds est enlevé, celui de la paume des mains et de la plante des pieds est soulevé, détaché par places et complètement blanc, les ongles et les poils s’enlèvent par la plus légère traction. Toute la partie supérieure du corps présente une coloration verdâtre; le tissu cellulaire est distendu par des gaz inflammables dans toutes les régions où le tissu cellulaire est lâche.

La langue fait saillie entre les dents; les globes oculaires sont encore durs, assez bien conservés.

11 n’existe aucune trace de violences sur le corps. Mais l’état de putréfaction du cadavre ne permettrait pas de reconnaître la présence de lésions qui n’auraient intéressé que les couches superficielles de la peau. La durée du séjour dans l’eau aurait également fait disparaître ou rendu méconnaissables des ecchymoses ou des sutlusions sanguines s’il en a réellement existé.

Autopsie. — Les os du crâne ne sont pas fracturés.

L’encéphale est diffluent, très putréfié; il ne présente, non plus que les méninges, aucune trace d’hémorrhagie.

On trouve dans la bouche et sur la langue de nombreux grains de sable.

Le larynx, la trachée, les grosses bronches et celles de moyenne dimension (du diamètre d’une plume de corbeau) renferment des grains de sable déposés sur leurs parois. Elles ne renferment pas de matières alimentaires.

Les plèvres contiennent un peu de liquide; les poumons sont sains.

Le cœur est sain; l’endocarde est imbibé par la matière colorante du sang. Le sang est très fluide.

L’œsophage ne contient pas de corps étrangers.

L’estomac renferme environ 100 grammes de liquide tenant en suspension quelques petils grains de sable.

Le foie est putréfié, mais sans lésion appréciable.

Les reins se décortiquent bien et ne présentent aucune lésion.

Les os des membres et du tronc ne sont pas fracturés.

Conclusions. — 1° Le cadavre de C... ne présente aucune trace de violences actuellement appréciable ;

2° L’immersion du corps de G... a eu lieu pendant sa vie. Celui-ci a fait des efforts de respiration et des mouvements de déglutition après son immersion. La présence des grains de sable dans les ramifications bronchiques et dans l’estomac en fournissent une preuve manifeste.

27. Submersion. Suicide probable. Corde au cou formée par des liens de foin, sans doute pour retenir un pavé. Trois mois d'eau ( Autopsie faite vingt-quatre heures après le repêchage). — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Desjardins, substitut de M. le procureur de la République près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 23 avril 1879, ainsi conçue :

« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 23 avril 1879 par M. le commissaire de police du quartier de la Monnaie, constatant l’envoi à la Morgue du cadavre d’une jeune femme trouvée dans l’abreuvoir du quai des Grands-Augustins.

« Commettons M. le Dr Brouardel, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie, le 24 avril 1879.

Le corps est celui d’une femme assez grasse. La peau est distendue par des gaz qui remplissent tout le tissu cellulaire. La putréfaction est tellement avancée, que toute constatation de lésions, n’ayant intéressé que les parties molles, est devenue impossible.

Les veines dessinent leur présence par de larges sillons bleuâtres; sur toute la peau du corps, on voit des taches bleu indigo, disséminées sans ordre. Le corps est couvert de morsures de rats (faites à la Morgue).

Les cheveux sont blonds, et s’enlèvent aussitôt qu'on les touche.

La peau du cuir chevelu a éclaté et le crâne est à nu et macéré.

La peau, le tissu cellulaire et les muscles de la face sont saponifiés.

La langue est serrée entre les dents. Les dents sont saines, belles et bien rangées sur le devant; à la mâchoire supérieure, à droite, la première et la deuxième petites molaires sont cariées et découronnées; à gauche, la deuxième petite molaire et la première grosse molaire, sont découronnées ; à la mâchoire inférieure, les huit dents à droite sont intactes; à gauche, il manque la première grosse molaire, les deux autres molaires sont cariées.

Sur la peau du cou, en avant de la trachée, on trouve une plaque brune, ayant 3 à 4 centimètres de diamètre, analogue par sa coloration à une autre plaque que l’on aperçoit au niveau de la taille et qui résulte de l’impression des cordons des jupons.

Les bouts des seins sont petits. Les poils du pubis sont blonds. Le vagin est large ; la paroi du vagin, repoussée par la pression des gaz intestinaux, fait hernie par l’orifice vulvaire.

Les doigts des mains ont perdu leurs ongles; ils ont la forme d’un fuseau; l’épiderme a complètement disparu; ou ne trouve pas de traces de callosités dans la paume des mains.

Les pieds sont petits et fins, et sont dans le même état que les mains; le troisième orteil de chaque pied présente la particularité de conformation suivante : la phalangette est pliée à angle droit sur la deuxième phalange, de sorte que celle-ci repose sur le sol par son extrémité antérieure.

Les os du crâne ne sont pas fracturés.

Le cerveau est extrêmement putréfié.

Le pharynx est rempli de sable et de limon, on en trouve également dans le larynx et la trachée.

Les plèvres pulmonaires sont soulevées par de très nombreuses bulles de gaz de putréfaction. Il est impossible de reconnaître l’existence d’ecchymoses ou de congestion pulmonaire.

Le cœur est vide, flasque et mou. L’estomac contient des débris de viande et des haricots non digérés. Le foie et les riens sont putréfiés.

Le col de l’utérus et l’utérus sont vierges.

L’épiphyse interne de la clavicule n’est pas encore soudée au corps de l’os.

Conclusions. — 1° Le corps paraît être celui d’une jeune fille de vingt à vingt-cinq ans ;

2° L’état avancé de la putréfaction ne permettrait pas de constater les traces de violences qui n’auraient atteint que les parties molles ;

3° Le corps a dû séjourner trois mois environ dans l’eau.

28. Submersion. Six mois d’eau. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Thibierge, substitut de M. le procureur de la République près le tribunal de première instance du département delà Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 16 octobre 1883, ainsi conçue :

« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 16 octobre par M. le commissaire de police du quartier des Bassins, constatant le transport à la Morgue d’un cadavre repêché le 16 octobre dans la Seine, au quai de Billy.

« Commettons M. le Dr Brouardel, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à celte autopsie, le 17 octobre 1883.

Le cadavre soumis à notre examen est dans un état de décomposition avancée. Il est presque réduit à l’état de squelette, en certains endroits, et aux autres, le tissu musculaire est passé en partie à l’état de gras de cadavre.

Certaines régions ou parties du cadavre manquent complètement. Les deux jambes et les deux pieds sont absents, ils ont été séparés au niveau des articulations du genou, sans qu’il soit possible de constater des traces de violences. Cette désarticulation paraît être le résultat du séjour prolongé dans l’eau.

Les deux avant-bras sont également désarticulés au niveau du coude et l’on ne trouve que le cubitus gauche.

La mâchoire inférieure est complètement désarticulée et le maxillaire inférieur est presque à nu. On ne constate que trois dents implantées sur ce maxillaire et huit sur le maxillaire supérieur. Les alvéoles correspondant aux deux avant-dernières dents sont complètement fermées.

Les os du crâne dénudés ne sont pas fracturés.

Le thorax est ouvert sur sa partie médiane, à l’union des côtes et des cartilages costaux.

Les deux extrémités des clavicules sont ossifiées et réunies à la diaphyse de l’os. La clavicule mesure 14 centimètres de longueur, le fémur 44 centimètres, l’humérus 32 centimètres et le cubitus 25 centimètres.

Les poumons sont petits et ratatinés sur eux-mêmes. Le cœur également petit, est flasque et mou. Le foie est complètement putréfié.

Les organes génitaux externes font complètement défaut, mais l’on trouve, dans le petit bassin, un utérus petit et vide, ainsique ses annexes, ovaires, etc.

Conclusions. — 1° Le cadavre soumis à notre examen est celui d’une femme ;

2° L’état de putréfaction avancée, et l’absence d’une partie du cadavre, rendent impossible la détermination des causes de la mort ;

3° La séparation des jambes et des bras au niveau des articulations parait être la conséquence d’un séjour prolongé du cadavre dans Peau et ce séjour peut être évalué à environ six mois;

4° L’ossification complète des clavicules démontre que celte femme était âgée de plus de vingt-cinq ans.

29. Submersion. Six à huit mois d’eau. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Feuilloley, substitut de M. le procureur de la République près le tribunal de première instance de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du H octobre 1880, ainsi conçue :

«Vu les articles 32 et 43 du code d’inslruclion criminelle et le procès-verbal dressé le 10 octobre 1880 par M. le commissaire de police du quartier des Bassins constatant l’envoi à la Morgue d’un cadavre repêché dans la Seine.

« Commettons M. le Dr Brouardel, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le 13 octobre 1880.

Le cadavre est réduit presque complètement à l’état de squelette ; la jambe droite et les deux bras manquent. Les parties molles ont disparu presque partout. Cependant, aux cuisses et à la partie postérieure de la jambe gauche les muscles subsistent et forment une masse compacte qui n’est pas complètement saponifiée. Partout ailleurs les os sont tout à fait dépouillés de parties molles.

Dans le petit bassin on trouve les viscères adhérant assez intimement entre eux et ayant conservé leur forme; il n’y a pas d’utérus.

Le foie, enveloppé dans sa capsule, est très diminué de volume, mais a gardé à peu près sa forme. La cavité thoracique est absolument vide ; le sternum a disparu ainsi que les cartilages costaux.

Les os du crâne et de la face sont totalement dénudés; les orbites contiennent un magma de consistance savonneuse. Au niveau de la racine de l’apophyse zygomatique droite, au-dessus de l'orifice du conduit auditif, on remarque sur l’os temporal un trou de forme à peu près triangulaire de 2 centimètres et demi de diamètre, dont les bords sont déprimés en dedans. Le crâne ne présente pas d'autre orifice anormal.

Le cerveau est saponifié, de couleur verdâtre. Sa masse, sectionnée en très petits fragments, ne contient pas de balle, ni de corps étrangers.

Les clavicules sont complètement ossifiées.

Conclusions. — 1° Le cadavre soumis à notre examen est celui d’un homme ayant dépassé l’âge de vingt-cinq ans;

2° Le cerveau ne contenait pas de projectile, la fracture du crâne a été faite après la mort ;

3° Le séjour dans l’eau semble avoir été d’environ six à huit mois.

30. Submersion. Huit mois d’eau. Saponification du cadavre. Autopsie faite le 15 novembre 1878. — Noyé âgé de vingttrois ans. (On ne connaissait pas encore son âge au moment de l’autopsie.)

La peau est tout à fait saponifiée, fendue de tous côtés et presque calcaire, elle résonne à la percussion comme un morceau de carton ou de pierre. La saponification est très profonde; les muscler ont cependant conservé leur apparence normale à la cuisse, aux joues, sur le thorax; la rotule existe encore, le ventre n’est pas ouvert. Les parties génitales manquent, mais il y a un assez grand nombre de poils sur le pubis. Il y a encore des matières fécales dans l’intestin.

L’humérus a 32 centimètres, les dents sont très usées. La sutura du point d’ossification externe est faite, mais on voit encore la ligne de jonction. La suture du temporal avec les os voisins n’est pas celle d’un vieillard. L’appendice xyphoïde est ossifié, soudé,, mais pas très adhérent.

Il n’y a pas d’ectasies. Les bottines sont celles d’un homme,, elles sont usées au niveau de leur pointe.

31. Submersion. Huit à dix mois d’eau. Saponification du cadavre. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Dupont, substitut de M. le procureur de la République près le tribunal de première inslance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en dale du 21 mai 1880, ainsi conçue :

« Yu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 20 mai 1880 par M. le commissaire de police du quartier de Grenelle constatant l’envoi à la Morgue d’un cadavre repêché dans la Seine.

u Commettons M. le Dr Brouardel, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie, le 23 mai 1880.

Les bras, les pieds et une portion des parties molles des jambes ont disparu. Le crâne et la face sont dénudés dans presque toute leur étendue.

Les cavités viscérales ne sont pas ouvertes; la peau, saponifiée, est recouverte de cristallisations calcaires. La conformation des parties génitales externes n’est plus reconnaissable.

Le bassin ne contient pas d’utérus ; les autres viscères abdominaux sont encore très reconnaissables.

Les os ne sont pas fracturés.

Les muscles sont presque complètement envahis par la saponification.

Conclusions. — 1° Le cadavre est celui d’un homme ;

2° Il paraît avoir séjourné dans l’eau de huit à dix mois environ.

D. — Submersion datant de plus d’un an.

32. Submersion datant de treize mois. Saponification. Autopsie faite à la Morgue le 29 mars 1878. — Noyé qui a été trouvé il y a deux ou trois jours quai Malaquais. Il s’agit de connaître la durée du séjour dans l’eau et d’établir son identité. Ces questions peuvent paraître difficiles étant donné l’état avancé du •cadavre. La durée, on peut la connaître jusqu’à un certain point par le souvenir d’autres sujets dont l’autopsie a été faite à la Morgue et qui se trouvaient à peu près dans le même état que celui-ci. Ainsi, entre autres, ce sergent de ville qui a été noyé pendant la Commune et qu’on n’a retrouvé que treize mois après.

Le corps a subi la transformation en gras de cadavre dans toutes ses parties, dans quelques endroits cette transformation va

même jusqu’à la crélification, et il est difficile de reconnaître les différents organes.

Les os de la partie antérieure du tronc et ceux des membres vers leur portion antérieure sont en partie à nu, les pieds et les mains sontdélachésen partie, ainsi queles omoplates, les côtes dépouillées.

Dans la cavité thoracique et dans l’abdomen on voit des masses qui ont subi la transformation graisseuse et dans lesquelles on ne discerne pas grand’chose. Le foie qui est assez reconnaissable présente un petit quadrillé de tricot de laine que l’individu portait probablement. Les poumons ont pour ainsi dire disparu. Au milieu du thorax on aperçoit une masse formée probablement par le cœur et le péricarde.

La mâchoire inférieure n’est pas celle d’un jeune homme, en effet la partie mentonnière de la mâchoire est très saillante par rapport à sa partie alvéolaire. Il y manque des dents dont les alvéoles sont bouchées (les quatre incisives).

L’épiphyse interne de la clavicule est soudée depuis longtemps, ce qui permet de dire que le sujet a beaucoup plus de vingt-cinq ans. Le maxillaire supérieur droit présente une dent. Les yeux ont si bien subi la transformation en gras de cadavre qu’on peut y faire des coupes.

Longueur totale lm,75; le pubis tombe à 80 centimètres, c’està-dire à peu près à la moitié de la longueur totale. Chez la femme la moitié inférieure se trouve plus bas.

On a trouvé sur lui une ceinture de cuir qui devait serrer la taille. On mesure jusqu’au point oiT elle est serrée et on trouve 84 centimètres. C’est bien une ceinture d’ouvrier. On a encore trouvé à côté de lui un liard du temps de Louis XIV.

Les sutures du crâne sont soudées, on n’a pas fait l’examen du cerveau.

D’après toutes ces données, on peut dire que le cadavre est celui d’un homme d’une cinquantaine d’années et que la submersion date d’au moins treize mois.

E. — Submersion dans le but de cacher un crime.

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