‹ La pendaison, la strangulation, la suffocation, la submersionChapitre 9 sur 48 · MÉCANISME DE LA MORT PAR PENDAISON. AS · texte numérisé non relu

MÉCANISME DE LA MORT PAR PENDAISON. AS

pneumogastriques. Il s’appuyait sur ce fait observé dans les exécutions judiciaires, que le cœur bat fortement, puis s’arrête ainsi qu’il a coutume de le faire quand les pneumogastriques sont excités.

Les nerfs pneumogastriques jouent un certain rôle dans le mécanisme de la mort par pendaison, mais ils n’interviennent pas dans tous les cas. Je ne crois pas, pour ma part, que dans les pendaisons, que j’appellerai incomplètes , les pneumogastriques soient bien fortement comprimés et que leur rôle soit aussi important que le veut Thanhofer. Il peut en être autrement dans les pendaisons à grand fracas, telles qu’elles s’exécutent en Angleterre, où l’individu est précipité dans le vide, et où de grands traumatismes, pouvant aller jusqu’à l’arrachement de la tête, se produisent quelquefois.

Deux faits cependant militent jusqu’à un certain point en faveur de la théorie de Thanhofer : c’est que les pendus que Ton sauve ont tous de l’aphonie pendant quelque temps ; il semblerait donc que les nerfs récurrents ont été un peu altérés sous l’influence de la traction ou de la compression; ensuite, ces individus ont souvent de la congestion pulmonaire, avec de petits noyaux apoplectiques ou même de petits foyers de pneumonie, ce qui prouverait aussi que le pneumogastrique a pu être intéressé.

Lésions de la moelle. — Les lésions de la moelle sont associées à celles du rachis. On se trouve ici, suivant le& époques et chez les différentes nations, en présence de faits très différents.

Les lésions de la moelle sont à peu près inconnues en Autriche et en Allemagne; elles ne sont pas fréquentes en- Angleterre ; en France où, avant l’introduction de la guillotine, les exécutions capitales se faisaient par pendaison, ces lésions étaient la règle.

Le supplicié était placé sur une échelle, le plein de l’anseétait appliqué sur la nuque, le nœud sous le menton et de telle sorte que, la tête étant fortement renversée en arrière,.

il en résultait une extension très considérable du rachis; les mains étaient liées derrière le dos. Le bourreau, placé derrière le condamné, sur l’échelle, le lançait dans le vide d'un coup de genou et sautant sur les avant-bras, formant étrier, s’y suspendait et ajoutait le poids de son corps à celui du supplicié.

Le procédé de la pendaison étant toujours le même, il n’est pas extraordinaire que les chirurgiens français aient considéré comme une règle la luxation de la deuxième vertèbre sur la première.

Mais cette pendaison judiciaire était méthodique ; nous ne retrouverons pas cette méthode dans les pendaisons ordinaires, aussi ne constaterons-nous que très exceptionnellement une fracture de ce genre. Je n’en ai vu qu’un cas, chez une femme âgée qui avait précisément, en se pendant, appliqué le plein de l’anse sur sa nuque et le nœud sous le menton.

Une vieille tripière, de la rue des Messageries, ne pouvant plus payer son terme, ayant d’autres embarras d’argent d’ailleurs, se pend. C’était une femme petite et maigre. En examinant son corps, on trouve qu’elle porte une plaie à la tête et des ecchymoses à la partie antérieure des deux bras. Le nœud était sous le menton, et la tête de porte-manteau à laquelle elle avait attaché la corde branlait dans l’endroit où elle était fixée. Cette femme avait, pour s’élever jusqu’au porte-manteau, mis le pied sur le dernier tiroir de sa commode ; mais le clou avait manqué, elle était retombée, se faisant une plaie à, la tête, qui alla frapper, le montant de «on lit, sur lequel on retrouva des traces de sang. Elle se relève, recommence sa tentative et cette fois-ci la tête du porte-manteau reste fixée au mur (1).

S’il avait été facile de s’expliquer comment la plaie de la tête s’était produite, il était plus malaisé de se rendre compte -de la cause des nombreuses ecchymoses (une trentaine

(1) Observation 2.

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