ACTE V
En effet.
Il K II CUL K.
Eli bien, non-seulemeit vous ne vous ôtes pas aperçue que je les avais emportées, mais encore vous ne vous apercevez pas que
je VOUS les rapporte, (il tire de sa pocbo un trousseau de petite» clef» »rec lesquelles il joue.
NOEMI.
Ah ! c’ est pour cela que... (Tendant machinalement 1a main.) Eli bien, donnez, mon ami.
HERCULE
Ah! permettez... Je suis plus curieux que vous, moi; quand je me suis aperçu de mon étourderie, je me suis dit : Parbleu! tant mieux , je jouirai de sa surprise... Et me voilà... me pardonnezvous maintenant?
Mais je VOUS remercie, (voyant Hercule qui so prépare h ourrir un des coffres.) Eh quoi! vous voulez. ..
II K ROULE, agenouillé près du cofïro.
. Oui... je veux ma part de votre joie...
N O É M I , très-agitée.
Mais pourquoi aujourd'hui ?
HERCULE
Mais pourquoi pas aujourd’hui?
NOÉMl.
Il me semble que demain...
HERCULE
Eh! ma chère, demain... demain n’appartient qu’à Dieu! Tenez,
voyez, Noémi. (u déploie un somptueux manteau. ]
NOÉMI) regardant alternativement la pendule et le manteau.
Le splendide manteau. Mais qui donc peut porter cela?
HERCULE
Une reine! il est à toi! (il mrt le manteau sur les éfaulcs do Noémi pendant qu'elle fisc la ponlule. — A l’oreille de Noémi. ) QllO regardez- \ OUS donc ?
NOEMI , troublée*
Je voyais dans cette glace ce collier dont l’éclat m'éblouit.
HERCULE, le lui attachant au cou.
C'est vous maintenant qui êtes éblouissante, Noémi. (Après qu'ii a pi»c< ie diidèm». ) Oh ! vous êtes belle, plus belle que la reine indienne qui le portait.
NOÉMI
Mon Dieu ! ( La pendule sonne dix heures. — Se laissant tomber dans un fauteuil, )
L’heure est passée.
HERCULE, aux pieds de sa femme.
Noémi, te souviens-tu de mon rêve, il y a un an, le jour de mon départ?
NOEMI, avec une sorte d'hallucination.
Oui... oui...
HERCULE
Elle rentrait au nid... la baptisée, avec des voiles de satin et des cordages d or. (plongent ie« mains dan» les coffres.) Jo te jotais h pleines mains les diamants et les perles fines, et toi me serrant sur ton cœur et me faisant un collier de tes bras, — car tu m’aimais,— tu me criais : Périsse la fortune. Mon plus précieux trésor, mon Hercule, c’est ton amour !
NOÉMI
Oui, oui, je me souviens.
HERCULE
Le voici ce rêve ! il est accompli ! nous sommes riches maintenant ! Ohl oui, bien riches, car j’ai ton âme tout entière : n’est-ce pas, ma Noémi, n’est-ce pas que tu m’aimes comme une fidèle épouse?...
(Noemi semble une statue de marbre.) Tu trembles! tU attends quclqu Un !
Tu voulais fuir!-.
NOÉMI jette son manteau, arrache le collier, court au secrétaire, ouvre rapidement le ooffret et prend la lettre qu'elle cherche a dissimuler.
Ah!... je vous jure...
HE RCULE.
Tu mens... parjure! et ce que tu cacljes là n’a rien à m’apprendre.
N O É M I , traversant la scèno»
Hercule!... vous me faites peurl
HERCULE
Tu voulais fuir, te dis-je, tu voulais fuir avec Férouillat.