‹ La pensée antique (de Moïse à Mare-Aurèle)Chapitre 18 sur 103 · L'HOMME ET LA PROVIDENCE DANS LES PSAUMES · texte numérisé non relu

L'HOMME ET LA PROVIDENCE DANS LES PSAUMES

A la suite de la grandeur divine les psaumes exaltent la grandeur de Thomme, adorateur de Dieu et roi de rUnivers.

« Eternel, notre Dieu, avec les bégaiements des hommes, vos nourrissons, vous vous êtes construit un fort contre lequel vient se briser toute la force des ennemis de votre nom. J'ai vu l'impie exalté. H avait le front haut comme les cèdres du Liban. J'ai passé et il n'était plus.

» Eternel, quand je contemple le ciel et les astres, je me dis : Qu'est-ce que l'homme, pour que vous ayez daigné penser à lui ? Or voici que vous l'avez placé à côté des puissances divines ; vous l'avez couronné de gloire; vous l'avez fait le maître de vos œuvres; vous avez mis la création à ses pieds ! »

On pourrait dire que la plupart des cantiques religieux d'Israël ne sont qu'une illustration de cette immortelle page du Livre des Proverbes où la Sagesse personnifiée se déclare l'éternelle collaboratrice de Dieu, présidant avec, lui à l'œuvre de sa création et aux bienfaits de sa Providence : « Le Seigneur m'a enfantée dès l'éternité, avant que le monde fût. Lorsqu'il étendit les cieux, lorsqu'il enserra les eaux, lorsqu'il posa les fondements de la terre, j'étais à ses côtés, réglant toutes choses. Je me joue devant lui dans l'immensité de sa

création, et je fais mes délices d'être parmi les enfants des hommes. »

Comme la pluie et la neige abreuvent la terre, la rendent féconde, la font germer, et donnent à l'homme la semence qui devient le pain qu'il mange, telle la parole sortie de la bouche de Dieu ne reviendra point à lui sans avoir porté ses fruits. Ce qu'il a voulu, elle le réalisera.

L'Eternel tient en sa main une coupe de vin pleine d'amertume. Quoiqu'il en verse tantôt à l'un tantôt à l'autre, la lie n'en est pourtant pas encore épuisée; tous les pécheurs du monde en boiront. La fleur sans eau se flétrit. Tel est le sort de celui qui oublie la loi de Dieu ; ainsi meurent ses espérances. Aussi fragile que la toile de l'araignée est le palais de son bonheur. Au matin il était un arbre plein de sève qui étendait ses rameaux par-dessus toutes les frondaisons et enlaçait les rochers de ses racines. Or soudain le voilà disparu. Plus de traces. Le lieu oîi il était dit : « Je ne le connais pas. »

Et avec tous les hommes disparaissent les cités dans le gouffre de l'oubli. ce tumulte des innombrables peuples qui ressemble au tumulte des flots d'une grande mer ! ce frémissement des nations qui ressemble au frémissement des eaux quand elles se débordent ! Lorsque viendra le jour de Dieu, les peuples seront dissipés comme la poussière que roule le vent, comme la paille qu'enlève la tempête.

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