‹ La pensée antique (de Moïse à Mare-Aurèle)Chapitre 24 sur 103 · DOCTRINES DES CHANANÉENS ET DES CHALDÉEXS · texte numérisé non relu

DOCTRINES DES CHANANÉENS ET DES CHALDÉEXS

sation qui a insensiblement mené notre monde au point où il est aujourd'hui.

La vieille Chaldée a son histoire fabuleuse nous donnant la primeur des récits légués par la tradition hébraïque, sur la création en six jours, la désobéissance du premier homme, le déluge, la tour de Babel et la confusion des langues. Ces récits font remonter Torigine du monde non à six mille ans, mais à quelques centaines de milliers d'années.

Les Chaldéens en vinrent à distinguer, au-dessus de la multitude des dieux et des génies, perpétuellement en conflit les uns avec les autres, l'esprit du ciel, Tesprit de la terre et Tesprit de Tabîme.

Au ciel plane le soleil, roi splendide de Timmensité, qui découvre à nos yeux le firmament sans bornes et, devant ses rayons, chasse au loin le mensonge.

Le pontife de la terre est le feu par qui brille la flamme des sacrifices et s'entretient le foyer des familles. Il est la providence de l'humanité.

Les pauvres habitants de la terre sont en butte aux perpétuelles attaques des mauvais génies qui se plaisent à troubler les éléments, à bouleverser Tordre de la nature, à égarer le cœur des mortels et à semer les peines partout où paraissait éclore le bonheur. Une ville est-elle engloutie par un cataclysme? La peste sévitelle? Une vierge déserte-t-ellele foyer paternel? Ce sont eux les artisans de ces maux.

Reste de s'allier contre les mauvais génies avec les bons génies que domine Ea, l'esprit aîlé, maître de la science et de la vie, et de recourir aux incantations de la magie, pour combattre les mille influences pernicieuses qui nous environnent.

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Mais aux enchanteurs, aux astrologues, aux devins secourables, marchands de talismans et d'amulettes, experts dans les exorcismes et dans les évocations, s'opposent les sorciers pervers qui jettent des sorts, fabriquent des philtres, pratiquent l'envoûtement, suscitent maladies et malheurs.

L'esprit de Tabîme reçoit les âmes dans la région d'où Ton ne revient pas et où, perdus au milieu des ténèbres, on n'a que la poussière pour rassasier sa faim. Toutefois, en un coin est cachée la fontaine de vie dont les dieux ménagent l'approche à quelques âmes privilégiées. Quand elles ont bu à cette source, elles se trouvent régénérées.

Le magisme est le trait d'union de la Chaldée et de la Perse. La Perse, elle aussi, fit une grande part à Taclion des génies bons ou mauvais et aux facultés surhumaines dont peuvent être mis en possession les hommes initiés dans les grands mystères.

Il faut comparer les Perses, non aux Sémites de la Phénicie ou de Babylone et de Ninive, mais aux Sémites de la Judée, pour discerner toute la différence entre la race sémitique et la race aryenne. La tendance des Sémites est d'opposer un dieu personnel à la nature. Aux yeux des Aryens, toute la nature est comme pénétrée de Dieu. Pour les Juifs, Dieu, conçu d'abord sous le nom d'Elohim comme la collection des puissances divines, est devenu Jéhovah^ TEternel unique, qui crée le monde par un acte libre de sa volonté. Pour les Perses, Dieu est nécessairement doublé du monde qu'il ne pouvait point ne pas créer, et le monde est peuplé d'esprits, émanations nécessaires du grand Esprit.

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