‹ La pensée antique (de Moïse à Mare-Aurèle)Chapitre 25 sur 103 · LE ZEND-AVESTA ET ZOROASTRE · texte numérisé non relu

LE ZEND-AVESTA ET ZOROASTRE

Les plus anciens monuments de la religion et de la philosophie de la Perse se trouvent dans le Zend-Avesta,

recueil de livres sacrés où est exposée et commentée la doctrine du livre divin qu'un saint prophète aurait apporté du ciel. Ce qu'est la Bible à Tégard des Juifs le Zend-Avesta Testa l'égard des Perses; et leur Moïse se nomme Zoroastre.

Ce personnage légendaire qui fut le plus grand sage de la Perse et dont le nom résume pour la postérité le travail de plusieurs sages et de plusieurs siècles, serait né dans la Bactriane, treize cents ans avant l'ère chrétienne.

On contait qu'il était de race royale et que Dieu l'avait élu avant sa naissance pour l'œuvre du salut.

En vain les mauvais génies semèrent les embûches sous les pas du messie providentiel; ils ne réussirent qu'à mettre en lumière sa sainteté, victorieuse des pires épreuves. Aux temps marqués, le sage, qui jusque-là avait vécu dans les méditations et dans les bonnes œuvres, se confina sur la cime sauvage d'une montagne. C'est là que, traversant des tourbillons de / flammes, il lui fut donné de pénétrer jusqu'au trône

de Dieu qui lui remit le livre de la sainte loi.

Savants et prêtres essayèrent bien de coaliser leurs efforts contre le grand révélateur. Mais il déjoua les sophismesde la fausse science; déconcertâtes intrigues de l'envie sacerdotale; convertit à sa foi des brahmanes venus pour le confondre; gagna par des miracles la protection du roi qui d'abord le persécutait, et imposa aux foules ses enseignements.

Les révélations et les enseignements attribués à Zoroastre contiennent beaucoup de puérilités ; et on y voit en œuvre la spéculation sacerdotale prélevant de gros revenus sur la crédulité populaire. Une place

Le magisme est le trait d*union de la Chaldée et de la Perse. La Perse, elle aussi, fit une grande part à Faction des génies bons ou mauvais et aux facultés surhumaines dont peuvent être mis en possession les hommes initiés dans les grands mystères.

Il faut comparer les Perses, non aux Sémites de la Phénicie ou de Babylone etdeNinive, mais aux Sémites de la Judée, pour discerner toute la différence entre la race sémitique et la race aryenne. La tendance des Sémites est d'opposer un dieu personnel à la nature. Aux yeux des Aryens, toute la nature est comme pénétrée de Dieu. Pour les Juifs, Dieu, conçu d'abord sous le nom d'Elohim comme la collection des puissances divines, est devenu Jéhovah, l'Eternel unique, qui crée le monde par un acte libre de sa volonté. Pour les Perses, Dieu est nécessairement doublé du monde qu'il ne pouvait point ne pas créer, et le monde est peuplé d'esprits, émanations nécessaires du grand Esprit.

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