The Making of religion, p. îl.'î
normaux comment les anciens hommes ont cru à l'existence de l'àme et deuxièmement ils s'imposent au biologiste et au philosophe comme preuves de l'existence réelle de l'esprit.
Le P. Tyrrell veut leur donner cette double interprétation scientifique et historique. C'est assurément son droit et il y a trop peu d'apparence que la science en donne le mot d'ici longtemps, pour que les défenseurs des systèmes spiritualistes n'en tirent pas tout le parti possible. Malheureusement cette interprétation ne peut aller sans une discussion précise de faits historiques ou physiologiques. Le P. Tyrrell est trop métaphysicien pour cette besogne minutieuse. Il faut voir avec quelle facilité il invente et défend une hypothèse, là où des spécialistes ne se feraient une opinion que sur des volumes de faits *. Il lui arrive aussi de verser dans la théologie qui devrait être absente de ces sortes d'études; il n'est pas facile de prouver que l'histoire des religions tend à montrer partout la volonté salvifique de la Divinité ^.
Ses conclusions sont catégoriques. Il croit que tous les sauvages sont spiritualistes et monothéistes. L'idée contraire vient de ce que les historiens des religions se tiennent uniquement aux preuves tirées des cultes. Les peuplades les plus dégradées ont aussi la perception directe bien que confuse des principes essentiels du décalogue, et un peu dattention montre qu'elles possèdent même la règle d'or de l'amour et de l'abnégation.
\. V. p. i66 son interprétation des sacrifices propitiatoires des sauvages.
lûO LA PExNSEE CATHOLIQUE EN AX<;LETEIî1;L.
C'est concéder beaucoup, et comme le P. Tyrrell voit la base de l'idéo de Dieu dans le raisonnement indiqué par saint Paul et non dans la révélation génésiaquc, d'autres apologistes lui reprocheraient sans doute de leur enlever un argument précieux et de tomber lui-même dans une sorte de naturalisme.
Le vrai défaut de cet essai comme de tous ceux où le P. Tyrrell touche aux faits, c'est de se présenter au début comme une étude positive et de se transformer brusquement en argumentation. Ce manque de méthode empêche comme de juste la conviction et cause de la fatigue. Notre philosophe ne nous donne vraiment que la philosophie.
Par bonheur il n'y a pas autre chose dans les deux articles où le P. Tyrrell touche encore plus ou moins directement à l'existence de Dieu. L'un intitulé V Idéalisme à la gêne^ résume simplement un livre d'apparence paradoxale, où l'auteur, théologien protestant, fait voir sans beaucoup de peine, qu'on ne peut être idéaliste sans faire assez d'actes de foi pour être aussi trinitaire. Ses arguments méritent d'être rapportés brièvement,
1" L'idéalisme affirme au moins le moi et invinciblement l'existence d'autres egos, au-dessus desquels un Ego qui est la loi de tout le reste. Cela suppose des actes de foi indépendants de l'expérience et la conviction que plusieurs personnalités peuvent exister dans le Cosmos, subordonnées à un être plus un qu'elles-mêmes. Cette conviction diffère- t-elle beaucoup de ce que nous croyons sur la Trinité?
2'^ L'expérience nous dit que nous sommes libres,