Apologia, p. 24 de l'éditioD in-S
l'apologétique est essentiellement individualiste et qu'il est de son intérêt d'être « modestement égotiste ». Avant d'exposer sommairement la sienne, il fallait affirmer que, si elle est originale, elle est aussi sans détour et sans calcul.
11 est plus facile de faire la critique de la Grammaire de l'assentiment que de la résumer sans laffaiblir jusqu'à la rendre l'ombre d'elle-même. Le critique éminent que je citais plus haut et dont je m'honore d'être l'ami, le D"' Barry, me l'a définie quelquefois : « une réaction du génie religieux anglo-saxon contre la sèche logique des Latins ». Or s'il n'est pas difficile à un Latin sec et logique de faire voir en quatre lignes certaines contradictions ou faiblesses du livre, il l'est extrêmement de donner même l'idée de la pensée forte et libre qui s'y joue à chaque page. C'est une large carrière pleine de riches filons d'or, mais où des blocs entiers se menacent au lieu de s'appuyer. Le livre manque l'unité ou au moins d'enchaînement : des parties entières luttent entre elles, des raisonnements tombent parce que leurs termes varient; certaines lacunes philosophi({ues dont un écolier sourirait apparaissent à nu. En revanche, on sent d'abord que si l'on n'est pas en présence d'un philosophe, on est devant un homme et un homme qui joint à l'expérience mentale et religieuse la plus riche, la pénétration la plus subtile. On est sûr, en l'approchant, qu'il- ne subit l'influence d'aucune école, qu'il n'est l'esclave ni d'une théorie ni dune classification, ni d'un souci ou d'une affectation de forme qui est plus qu'une plaie — car elle est un véritable vice — chez tant de philosophes modernes. Il se pose des