‹ La pensée catholique dans l'Angleterre contemporaine [microform]Chapitre 12 sur 28 · University sermons, p · texte numérisé non relu

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a.lbid., p. 3Ce.

et l'apologétique n'ont guère d'effet puisqu'elles ne peuvent analyser et exposer ces raisons vraiment persuasives '. » Donc il n'y a pas, en fait, d'apologétique infaillible, de tliéologie géométrique et universellement applicable.

On voit la correspondance de cette doctrine avec la thèse fondamentale de Newman sur l'utilité de la logique. Sa théorie de l'inférence se retrouve aussi dans ce qu'il va nous dire de la genèse de la croyance religieuse. Non seulement il est impossible de forger des arguments capables de forcer l'assentiment de tous les esprits, mais l'apologiste est impuissant à rendre un cornpte exact des raisons qui déterminent même sa croyance personnelle. « Il n'y a pas d'analyse assez subtile et délicate pour représenter exactement l'état d'âme dans lequel nous croyons, ou les objets de notre "croyance, tels- qu'ils se présentent à nous. Le but qu'on se propose est de dessiner ou de peindre ce que l'âme voit et sent. Si nous considérons ce que c'est que représenter en forme et en couleur des objets matériels, nous comprendrons sûrement la difficulté ou plutôt l'impossibilité de rendre le contour et le caractère, les teintes et les nuances d'une notion intellectuelle quelconque. Comment lui laisser la solidité et l'exactitude de détail en quoi consiste sa ressemblance, avec l'original? 11 est probable qu'une opinion donnée, supposé même une communauté de principes absolue, est aussi différente d'un individu à l'autre, que peut l'être leur figure. Or combien minime est le défaut qui empêche la ressemblance d'unportrait! quel imperceptible détail

d. Univ. Serm., p. 272.

fait qu'on la nie sans que pourtant on hésite sur le modèle ! Et comment dès lors l'examen le plus attentif et le plus patient conduirait-il à mieux qu'une description bien fruste de la vivante intelligence, de ses sentiments, ses pensées et ses raisonnements ^ ? » 11 est évident que « si la preuve du christianisme est de cette nature subtile, elle ne peut être produite avec avantage sous forme d'argument. Et même si elle se base sur des raisons tangibles, et pour ainsi dire légales, il y a toujours une tendance chez les apologistes, à les exagérer et à les systématiser à l'excès. On dirait qu'ils défendent une cause devant le tribimal au lieu d'analyser, aussi exactement que possible, certaines raisons en faveur de l'Evangile ou d'une quelconque des thèses évangéliques. On ne sort guère de la véi'ité en disant que l'analyse psychologique et morale fournit des spécimens et des symboles de raisons déterminantes plutôt que ces raisons mêmes. Ces symboles sont une représentation approximative du caractère de la preuve que le philosophe a en vue. Ils ne peuvent, comme les démonstrations mathématiques, être suivis passivement. Ils ne sont guère que des indications, des échantillons du raisonnement véritable, et réclament un esprit prompt, droit et docile, prêt à accueillir ce qu'on lui présente, à passer par-dessus les difficultés de mots, et à s'attacher activement aux principes 2. »

Donc, deux raisons, au moins, empêchent l'apologétique d'être démonstrative : la nécessité de pos-. tuler des principes aux raisonnements qu'on institue, et l'impossibilité d'exposer avec rigueur les argu-

l.iôid., p. 268.

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