LE SACRIFICE CATHOLIQUE
Et d'ailleurs, la perpétuité d'un sacrifice où, au lieu ^'hommes ou d'animaux, c'est un Dieu qui est immolé, ne devait-elle pas avoir une singulière puissance d'édification sur les croyants, prêtres et fidèles?
Telles sont les raisons qui expliquent que, lorsque la ruine de Jérusalem eut fermé aux plus authentiques disciples du Christ la porte du Temple, avec ses sacrifi- <:aleurs et ses victimes, les chrétiens, qui n'avaient pas ^té irréductiblement conquis à la religion paulinienne ^ns sacrifice ni sacerdoce, songèrent à instaurer un ^crifice nouveau, qui serait la répétition mystique du ?raQd sacriGce de la croix.
Ce repas du Seigneur dont Paul nous a dit Tinstitution ^^ la célébration (célébration si éloignée du cérémonial ^^ la messe) fournit la matière du rite nouveau.
i^' Eucharistie, selon Tétymologie grecque du mol, ^Wt une Action de grâces en Thonneur de la Passion ^^Qt elle commémorait mystiquement le souvenir. Elle ^^vint une oblation sainte du corps et du sang de Jésus, l'eodu présent sous les espèces du pain et dû vin, par la ^consécration du prêtre, et immolé à Dieu pour nous sur Uatel, non plus par des instruments de supplice, mais parle glaive de la parole sacerdotale.
Avec le progrès des temps, la vertu de ce sacrifice a été de plus en plus élargie dans le sens des aspirations et des intentions diverses des fidèles, instruits à y voir la plus féconde source de grâces.
Il ne rappelle pas seulement la mort du Christ, il la renouvelle et en applique les mérites. En même temps qu'un sacrifice de reconnaissance, c'^st un sacrifice de glorification pour célébrer la majesté de Dieu à qui son
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fils esl oITerl comme vicliine; un sacrifice de |u-opiliiilioQ pour rendre la justice divine tniséricordieiise aux pécliésdcs vivants et ilus morts ; un sacrifice J'impéiralion [)our obtenir, en faveur de nous-mëme ou d'aulrui, soit tle^ grâces sjiirilucllcs. soit des grâces temporelles.
Bourd^loue célèbre lu grandeur de ce saint saci-ifice où un Dieu s'itnmole pour nous; et il le représente nous, ménageant, outre des avantages d'ordre religieux tels, que le pardon de nos pêcliés ou lu délivrance d'dmes du purgatoire, des avantages humains, tels que x l'beureuse issue il'uiie entreprise, le gain d'un procès, la conservation ou le rétablissement de la santé, el te reste a. Il montre Dieu se prêtant à tous nos intérêts, k Mais, sjoute-l-il, est-ce à lui que nous avons recours? Dan» toutes les atr.iires qui nous surviennent, les patrons dont nous reclierchons d'dburd rajipui, sont-ce les ministres du Seigneur, sont-ce les prêtres? Et, parmi les moyensque nous prenons pour réussir, le sacrifice de nos autels est-il, comme il lu devrait ètie, notre première ressource? C'est Loulefuis la plus convenable el la plus certaine, mais avec cette condition essentielle, qu'elle ne soit mise en œuvre que pour de Justes causes el des intérêt» légitimes. »
il s'en faut qu'autrefois chaque prêtre oHVît journel- (
lement le saint sacrifice. En revanclie, il arrivait que tel I évêque l'olTrait neuf fois dans un même dimanche.
Aujourd'hui c'est le propre de loul prêtre d'offrir j
quotidiennement le saint sacrifice, qui, moyennant un 1
tribut pécuniaire, est appliqué aux intentions de telles ou i
telle:^ personnes. Le plus souvent le célébrant ne connaît ' |ins ces intentions; mais Dieu les connaît, et il suffit. Ici