‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 109 sur 244 · LES EVOLUTIONS DE LA MESSE · texte numérisé non relu

LES EVOLUTIONS DE LA MESSE

^*- les Gdèles prosternés adorent Dieu le Fils, corporelle «Client présent, et l'offrent à Dieu le Père.

<}uelle ne devraitjdonc pas être, durantjla^messe, la pi^iéet la componction des catholiques croyants?

^oilà Jésus^ aussi réel, aussi présent qu'il le fut sur

'^ croix; le voilà avec toute son humanité et avec

^^^^^le sa divinité; le voilà mystiquementimmolé pour notre

^^-l ut, s'offrant comme victime et intercédant pour nous !

Si pourtant, combien, parmi les fidèles, ne sont là que

"^ corps, tandis que leur pensée est ailleurs!

Sous la poussée des habitudes traditionnelles, ils

^'•^^nnent régulièrement assister à ce grand sacrifice,

^^--^ ^nme on assiste à un spectacle. Il en est qui s'y occu-

^t d'amusements, d'affaires, d'intrigues; el l'irréligion

^s la pratique même de la religion semble s'être accrue,

^^esure que le dogme mettait Dieu plus matériellement

ïa portée de Thomme.

Xa cause n'en est-elle pas que plus on fait la part

o^^^nde à la chair et au sang, plus on réduit, dans toute

^^ligion, ce qui en est l'esprit et la vie?

Dans les églises des premiers temps, après que les

^^cbeurs publics s'étaient retirés comme indignes d'as-

^^sleraux mystères, quand l'heure sonnait de distribuer

^ eucharistie, quand le prêtre, élevant le pain sacré,

faisait entendre cette solennelle proclamation : « Aux

^ints les choses saintes! » les chrétiens n'entendaient

pas par choses saintes un Dieu réel en chair et en os

qu'ils mangeraient tout à l'heure. Ce n'est pas une telle

idole qu'ils prétendaient offrir au père des hommes;

mais en revanche ils lui offraient l'hommage d'une

bonne conscience et d'une foi sincère.

LE nOGMATrSMK CATIIOLlyUE

\.tL PObMR DE 1.A IIKSSE

Il y a dans la messe, telle qu'elle est devenue, toi un poème religieux dont la beauté commande l'admiration, quelle que soît l'inanité du dogme qui de celle fiction fait une réalité.

On dirait un drame en trois actes avec prologue et épilogue.

J'ose dire que le délai! de ce poème esl ignoré du plus grand nombre des calholiques.

Tandis qu'à l'origine, chez les peuples chrétiens, les offices étaieni dits dans la langue usuelle, si bien qui; les fidèles en comprenaient tous les termes, aujourd'hui el depuis longtemps c'est en latin que Rome fait célébrer partout l'office divin, ainsi que toutes les cérémonies ecclésiastiques.

Home a oublié ces paroles de saint Paul disant aux chrétiens de Corintlie : " J'aime mieux me borner à dire dans l'église cinq paroles que j'entends que d'en proférer dix mille en langue inconnue. Qu'est-ce que prier de bouche, si on n'entend pas ce qu'un dil^ »

Les théologiens pensent qu'il est bon que la masse I des Qdèlcs n'entende pas ce qui est dit dans la célébra— , tion du culte. A leurs yeux, l'emploi d'une langue hié- { ratiquc, autre que la langue commune, a le grand ! mérite d'imprimer le respect dans le cœur du peu|de, i et d'inspirer plus de vénération pour les choses saintes.

El d'abord, remarquons que loul. da;is le costume du célébrant, évoque le drame du Golgolha. L'ainict qu'il porte autour du cou représente le linge dont on couvrit le visage du Christ; l'aube blanche dont 11 est revêtu

LE POËMë de la MICSSC 279

signifie la robe blanche qa'on fit endosser à Jésus, chez Hérode, pour le tourner en dérision ; Tétole et la ceinlure figurent les liens dont le Christ fut garotté; la chasuble c'est le manteau de pourpre qu'on liii jeta sur les épaules pour le saluer ironiquement du titre dé roi des Juifs ; enfin la croix marquée sur la chasuble rappelle 1^ croix que Jésus traîna sur le chemin de son supplice. I^'autel lui-même apparaît comme le calvaire où eut lieu le crucifiement.

La messe commence par un appel à la purification d^s âmes. Après être resté pendant quelques minutes "Umble et contrit au pied .de Tautel, le prêtre y monte ^^ s'incline.

Lui qui tout à l'heure , dans son dialogue avec le

Peuple, s*excitait à s'approcher du Dieu qui fut la joie de

^^ jeunesse, lui qui disait : « Pourquoi es-tu triste, ô mon

'^e; et pourquoi me troubler? » lui qui se confessait

Pécheur et frappait mélancoliquement sa poitrine, lui qui

*^®c les fidèles poussait ces cris de détresse : « Seigneur

^y^z pitié! Christ ayez pitié! Seigneur ayez pitié! », il

®st Soudain animé d'une joie sereine, et proclame avec un

P*eux lyrisme les louanges de l'Éternel : « Gloire à

^^^U dans les hauteurs des cieux, et paix sur la terre

^^^ hommes de bonne volonté ! Nous vous louons, nous

^^^s bénissons, nous vous adorons, roi du ciel, vous

^oot la gloire emplit l'immensité. »

Mais de nouveau toutes les âmes sont pénétrées du ^^Qtiment de leur misère. Le prêtre invoque la victime ^^ sacrifice qui se prépare : « Jésus-Christ, agneau de "ieu, fils du Père ! 0 vous qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous! 0 vous qui ôtez les péchés du ^onde, agréez notre instante prière! 0 vous qui êtes

assis à la droite du Père, ayez pilié de nous ! » Et, affirmant avec l'Incarnation la Trinité, il ajoute : « Vous seul êtes Saint, vous seul êtes Seigneur, vous seul êtes Très haut, ô Jésus-Christ, avec le Saint-Esprit, dans la gloire du Père. »

Le prêtre et le peuple alternent leurs cantiques et leurs prières, où la componction des croyants s'ajoute àTexaltation de la majesté divine. Puis, devant rofficiant est porté le livre de TÉvangile. Il fait un geste d'adoration, qui témoigne qu'il se sent en présence de la Vérité Sainte, et sa bouche redit un des récits où revivent la vie et l'enseignement de Jésus.

A cette lecture succède le Credo de la foi commune, commençant par l'afGrmation du Dieu créateur et se terminant à l'espoir de la vie du siècle a venir.

Le prologue de la messe est fîni. Voilâtes âmes mises en communion avec le Seigneur. Nous sommes au premier acte du grand sacriGce.

Le prêtre implore la bénédiction du Christ : « Christ, pain des âmes, bénissez ce pain, afin que tous ceux qui en goûteront y trouvent la santé du corps et de Tâme! »

Invoquant le Père après le Fils, il reprend : « Père saint, Dieu éternel et tout puissant, recevez l'hostie sans tache, que moi, votre indigne serviteur, je suis appelé à vous offrir. Recevez-la pour mes offenses, pour celles de tout le peuple chrétien, pour les vivants et pour les morts I Qu'elle donne à tous la vie éternelle ! »

Il reprend encore: « 0 Dieu, auteur et régénérateur des hommes, accordez-nous, par le mystère de ce vin mêlé d'eau, de participer à la divinité de celui qui se

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