‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 111 sur 244 · I.Ë l'OklMË Di: LA HKSSIi SH · texte numérisé non relu

I.Ë l'OklMË Di: LA HKSSIi SH

Dieu comme victime propitiatoire! Avec Jésus-Clirisl, oCTrez-vous vous-mêmes! Que chacun de vous dise en son cœur : « Js crois. Seigneur, Je croîs. Vivez en moi el moi en vous ! •>

Le prêtre adore tour à tour par une génullexion profoDile le corps de Dieu présent sous les apparences du ^it). le sang de Dieu présent sous les apparences du vin: et il élève cette hostie ijui est le corps île Dieu, ce calice où est le sang de Dieu, pour les présenter succosaivement h l'adoration de tous. Un grand silence s'est fsil. Les (idèles adorent. prosternés, se disant que ce cor|)s fut sacriiîé pour eux ; que ce sang fut répiiudu |K)ur eux; et que la divine victime, en qui la terre louche au ciel, va inonder leurs âmes des niisêricordcs Ju Dieu vivant fléchi par son sacrifice.

Le peuple dit, ou plutôt semhle dire avec le prêtre, à la iuile de saint Thomas, le pieux et magistral théoricien 'Ib l'eucharistie, que j'adniîre en le contredisant, et que je me reproche de ne pas citer dans son intégrité :

" Agenouillés, suppliants, nous vous adorons, ô Dieu tsché qui êtes réellement sous ces apparences du [lain *l du vin. Notre cœur s'absorbe dans la contemplation de Totre divinité.

« La vue, le tacl, le goût s'y trompent ; mais la vertu ^i\t parole sainte est plus forte que les vains rapports ilWsens; notre foi ne peut se tromper; nous croyons 'oui ce qu'a dit le fi's de Dieu.

" Sur la croix on voyait l'homme ; la divinité seule était invisible. Dans ce mystère du saint sacrilice, l'humanilé mCme se dérobe à nos sens. Et pourtant nous croyons qu'il y a ici l'humanité cl lu divinité; nous croyons qu'il y a ici l'Humme-Dieu.

(1 0 Dieu ici présent» faites que de plus en plus no ayons foi en vous, nous espérions en vous, nous soyo pleins il*amour pour vous !

« Seigneur Jésus, sans cesse mourant pour nous, le pélican qui fait à ses fils un repas de son corps, la^ nos souillures dans votre sang, dont une goutte pc racheter tout un monde.

<x Jésus, qui êtes notre pain vivant et que nous n'ap< cevons maintenant que sous un voile, étanchez la s de nos cœurs; faites que nous vous voyons face à h et que nous goûtions Téternelle béatitude dans la vis! de votre gloire ! »

L'eucharistie apparaît ici comme le foyer central la religion catholique. Elle est un renouvellement rincarnation en même temps que de la rédemption, même qu'Adam perdit tout de par la solidarité du n qui procéda de sa faute, Jésus sauve tout de par la se darité du bien qui procède de son sacrifice tous les joi répété à Tautel.

Le dernier acle a commencé. Il nous montre les fidè partagés entre les sentiments d'adoration, de respe d'amour, de reconnaissance.

Ils adorent ce qu'ils ne voient pas; ils adorent à V contre de ce qu'ils voient. Mais ils se souviennent cette parole : « Bienheureux ceux qui n'ont pas vi qui ont cru. »

En même temps qu'ils révèrent la formidable g\ deur de Dieu là présent, le miracle de sa bonté évc leur tendresse et leur gratitude. En eux se réalis< parole de David : « Mon cœur et ma chair ont tress) et se sont réjouis dans le Dieu vivant. »

LK l'OlvMK DK LX MKSSË Î85

Il y a liou (le reniitrqiinr les oraisons dites ici pitr le [irâlre. Elles rormenl la suite du Canint où se trouvent les paroles sai:rainenlellRs. cl sont d'une inconlpstable uitii|uité. Leur contraste aveu les formules des promoteurs de la cérémonie de VElévallon, inlercalée au im'sièiîle, prouve avec évidenee qu'on se faisait primitivement du sacrifice de la messe une idée toute dilTérenle de celle qu'uni accréditée, depuis le moyen Age, le dogme de la transsubstanlîation el l'adoration du saint sacrement. Jugez en elTet si les paroles suivantes conviennent bien à l'oblalion loul à l'heure présentée comme étant Jésus-Christ lui-même. Le sacrificateur ilit :

" Nous, vos serviteurs et votre saint peuple, commerauMinl la tant heureuse passion du Christ vulre Fils, "utre Seigneur, non moins que sa Itésurrection et sa glorieuse Ascension, noua o/fiom à votre incompar'iblc "'"jtsli cette hostie formée de dons giie nous tr-nom de ""«i-mémc, hostie pOre, hostie sainte, hostie sans tache, Nu sacré de la vie sans lin et calice du salut élnmel.

" Ifaii/nes considérer ers dons d'un regard propice et "fitisf, et les avoir pour ucce/itaàks, comme vous eûtes P^ur mceptables les présen's de votre serviteur le juste ■^^l, et le sacrifiée de notre père Abraham, el le sacri- '"' saint, t hostie sans lavhe que vous offrit vo/re grand Mire Melchisédcc.

'< Mous vous en supplions, Dieu tout puissant, comintmdcz que ces dons soient transportés par les mnius de ''ûtre saint ange sur votre sublime autel, en présence 'le cotre diotnc majesté, alin que nous tous qui aurons reçu de la participation de cet autel le corps sacro-saint et le sang de votre Fils, nous soyons remplis de toute

SBii Li: DOGMATISMIi C\TIIOL[(JLt:

grAce et de toute bénédiclton céleste, par le niCme

Jésus-Clirisl notre Seigneur. »

Jalouse de tout faire concourir au grand sacrilîce, l'Église montre les prières des bienheureux du Paradis Jointes k celles des militants de la terre; et elle s'oll're elle-mCme èi Dieu avec le corps et le sang du Christ.

Le prêtre supplie qu'à tous ceux qui sont là une place soit réservée dans cette société des saints où sont, i côlé de la mère de Dieu, les patriarches et les prophètes, les apùtres et les martyrs, les héros de la cha^ rite et les vierges saintes.

Donnant aussi une pensée aux morts, il prie poui eux, non pour tous, pour ceux-là seulement qui furent marqués du sceau de la foi avant de s'endormir dans U sommeil de la tombe. De par le dogme, l'accès ilu lici de rafraîchissement, de lumière et de paix ne doit ëlri imploré qu'en faveur de ceux qui reposent en Jésus Christ.

Ces invocations sont couronnées par une suprèmi prière, la prière sans pareille qu'enseigna Jésus et où i proclama tous les hommes ses frères, en leur donnaa pour précepte d"a|ipeler Dieu Noire père.

Et à nouveau retentit le cri de l'élernilé : « Pendan tous les siècles des siècles ! Ainsi soit-il. >>

Le pontife de ce mystère de l'unité et de l'amoui répète le grand appel de la charité : « La paix soit ave< vous! » et les lévites présents échangent le haiser di paix qu'échangaienl jadis tous les fidèles.

Reste que le sacrificateur complète le sacriGce par li consomption de la victime sainte, sous les espèces di pain et du vin.

La consécration a été une sorte de création nourell

L'ARBITRAIRE DES INSTITUTIONS DE L'ÉGLISE i87

du corps de Jésus-Christ. Mais il n'a reçu ce nouVel être 9^6 pour le perdre, selon le rite des sacrifices. Le prêtre rompt rhostie en trois, et en mêle une petite partie dans le calice ; puis il demande, par trois fois, la miséricorde et la paix à l'agneau de Dieu, immolé pour les péchés du iQoade; il s*excuse de son indignité; enfin, dans une attitude humiliée, il mange l'hostie et vide le calice.

Le sacrifice est consommé.

L^épilogue, ce sera l'administration de l'eucharistie ^ttx fidè^les, Taclion de grâces succédant à la communion, ^^ la récitation de ce préambule de Févangile de saint Jean où sont marqués les principes de l'ontologie chré- ^^^nne : ce Au commencement était le Verbe... Et le Verbe s'est fait chair. »

l'arbitraire des institutions de l'église

En même temps qu'elle a prétendu trouver dans les récits sacrés sur la sainte Cène l'institution du sacrifice de la messe qui n'y est aucunement, la politique sacerdotale a eu le parti pris d'ignorer une institution qui y e^l bien.

L'apôtre saint Jean, dans le long récit qu'il consacre ^u dernier souper du Christ, ne fait aucune mention de linstiiution de l'eucharistie. En revanche il insiste sur Irrite du lavement dos pieds, mentionné aussi par saint Mathieu et par saint Luc.

« S'étant levé de table, Jésus posa son manteati, prit *iQ linge, s'en ceignit, versa de Teau dans le bassin et ^ mit a laver les pieds de ses disciples qu'il essuyait avec le linge dont il était ceint. »

Quoi! Lui le maître faisait l'œuvre d*un serviteur!

Youlait-il simplement accomplir un acte d'humili fraternelle? Non. L'acte avait une importance sacramen telle.

En effet, lorsque vint le tour de Pierre, le brav apôtre, si primesautier et si bon, ne put s'empêcher de faire un mouvement de recul.

« Vous, Seigneur, me laver les pieds! » dit-il.

Jésus lui répondit : « Ce que je fais^ tu ne le sais pas maintenant; mais tu le saurai plus tard, »

— « Non! jamais vous ne me laverez les pieds », reprit Pierre, qui ne.pouvait admettre un si extraordinaire abaissement de Jésus.

— « Si je ne te lave^ lui dit Jésus, tu vl auras pas de part avec moi. — Oh! alors, s'écria Pierre, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tète! »

Ce n'est pas tout. Pour mieux marquer la nécessité de ce

' sacrement de l'humilité et de la charité, Jésus dit : u Si

moi, le maître, /e vous ai lavé les piedsy vous devez ausst

vous laver les pieds les uns aux autres. Je vous ai donné

r exemple y afin que^ comme f ai fait ^vous fassiez aussi. »

Rien de plus net. Cette institution de Jésus, qui symbolisait la condamnation de rorgiieil, de Tégoïsme et de tous les préjugés hiérarchiques, qui exaltait Tabnégation et le dévouement, qui enseignait aux meilleurs à servir au lieu de se faire servir, qui mettai^t les grands aux pieds des petits et les prêtres aux pieds des fidèles, l'Église l'a traitée comme insignifiante et n'en a retenu qu'un vain simulacre.

Il est vrai que se proclamer les juges des âmes elles dispensateurs du corps de Dieu donne plus de prestige que de laver les pieds des croyants.

IJiS CONTRADICTIONS UE L'EGLISE SUR LA COMMUNION 289

LES CONTRADICTIONS DE l'ÉGLISE SUR LA COMMUNION

lievenons à l'eucharistie, pour mellre en lumière les contradictions de TEglise avec TEvangile et avec elleïnêiTie.

Eln même temps qu'elle en a fait un sacrifîce oHert à Dieu, rÉglise a montré dans Teucharistie un sacrement ^^ ministre aux fidèles.

d'est là, selon les théologiens, le sacrement sacerdo- ^^l par excellence; et le prêtre seul peut l'administrer.

I*ourquoiî Parce que TEglise Ta décidé ainsi.

fiossuel lui-même reconnaît qu'à ne regarder que les

l'^oritures et les paroles de Jésus qui y sont rapportées,

' cW^que fidèle pourrait donner ce sacrement sans avoir

l>^soin d'autre ministre. Il constate que « les apôtres à

<l^i Jésus d dit Faites ceci assistaient à sa sainte table

^^rnme simples communiants et non pas comme consa-

^**^nts, ni comme distribuants, ni comme ministres »,

®^ il avoue qu'on peut légitimement en conclure que « ces

Paroles ne leur attribuent en particulier aucun minis-

Tertullien avait déjà fait le inùme aveu, dès le nf siècle,

"^Ds ce passage de son écrit sur la Couronne du soldat

^ù il dit : « Nous ne prenons l'eucharislie que de la

^^ule main des évêques ou des prêtres, et non d'autres,

Quoique Notre-Seigneur en ait donné la commission à ^ous. »

En effet, pourquoi décider que ces paroles : « Faites ^^ci en mémoire de moi », s'adressent aux seuls apôtres, ^uaod on décide que ces paroles : « Mangez; Buvez », s'adressent à tous; et qu'il faut bien reconnaître que rien

Fabre. — PeDfée cbrétienno. 19

I.i; DOUMATISMK CATIIOLIQITne différencie ces prescriptions, formulées dans la siriU d'un même discours?

D'ailleurs, n'élait-ce pas le père ou l'ancèlre qui, dans les réuuions primitives des familles chrélienites, présidait le banquet eucharistique?

tZurieux contraste! La même Église qui a arbitraire——" ment fait du prôlre le ministre nécessaire de la commu — -"

iors que les lextes sacrés de l'institution eucharistique excluent ce monopole, a convenu d'oublier que Jésus réservait expressément aux minisires de son évangile la charge d'administrer le baptême, quand il disait à Jt ses disci|)les : « lustruiseï^ les nations en les baptisant », i et elle a admis que les lidèles el même les hérétiques * pussent valablement baptiser. 11 est vrai qu'elle ne pou- ' vait trop étendre la faculté de baptiser, du moment où elle damnait les malheureux morts sans baptême.

Voici une seconde manifestation de l'arbitraire sacerdotal. C'est l'interdiction de la communion sous les deux espl'ces du pain el du vin. Elle commença aux su' et xui° siècles ; elle fut érigée en loi au xv" siècle par le con- , cile de Constance qui analliémalisa Jean IIuss el Jérôme de Prague, livrés au bûcher; elle stupéfia beaucoup de ' fidèles qui se plaignirent qu'on leur (Util la moilié de Jéfim-Christ ; elle fui suivie d'éclatantes dissidences que l'Église dénonça comme hérésies.

Qu'importe que Jésus ail dit expressément dans l'Évangile : " Qui mange ma chair et £o// mon sang aura la vie éternelle » et encore : « Si vous ne mangez ma chair et ne hiivez mon sang, vous n'aurez pas la vie en vous oi '

Qu'importe que. s'étant contenté de dire à propos du pain : <> Prenez et mangez u. il ait dit à propos du vin.

LKUGUARlSTIli: JOINTK AU BAPTÉMii 201

^omme le précise saint Mathieu : « Buvez-en tous » ?

Qu'importe que les premiers chrétiens aient bu en ïnême temps que mangé à la Cène"?

Qu'importe que, dans la messe antique, comme cela se continue aujourd'hui chez les schismatiques grecs, orientaux et russes, les fidèles aient communié sous les deux espèces?

Qu'importe qu'au v® siècle le pape Gélase, à propos de ces chrétiens teintés de manichéisme qui à l'heure de la communion ne prenaient que le pain et évitaient de participer à la coupe, ait formulé cette condamnation catégorique : « Nous avons découvert que quelques-uns prennent seulement le sacré corps et s'abstiennent du sang sacré, attachés qu'ils sont par je ne sais quelle superstition. Il faut ou qu'ils prennent intégralement les espèces sacramentelles ou qu'ils en soient intégralement privés, parce que la division dtin seul et même mystère ne peut se faire sans grand sacrilège. »

L'Eglise romaine, sans souci de ses contradictions avec le Christ, avec les apôtres, avec les chrétiens primitifs, avec les catholiques grecs, avec elle-même, décrète, après douze cents ans d'une pratique contraire, qu'au sacrificateur, au prêtre seul il appartient de communier sous les espèces du pain et du vin ; et que les fidèles doivent se contenter de l'espèce du pain, où réside également, avec le corps du Christ, son sang, enfin sa personne entière à la fois humaine et divine.

l'eucharistie jointe au baptême

D'autres contradictions vont nous montrer encore mieux l'Eglise catholique toujours variable sous son

Li; UOGHATISMB CATHOLIQOM

masque d'invariabilité, se condamnant elle-même et passant d'une doctrine à la doctrine opposée.

LiC jour de !a première communion était jadis le jour même du baptême, habituellement difTéré jusqu'à ce qu'on lût bien fixé dans la bonne doctrine et dans les bonnes mœurs, Tertullien approuve qu'on ne baptise pas les adultes dès leur première jeunesse, vu qu'ils sont encore trop exposés aux tentations, et il conclut : « Quiconque comprendra bien les obl]g;allons importantes qu'il contracte par le baptême craindra plus de le recevoir que de l'ajourner. »

Dire que la première communion était jointe au baptême ce n'est pas assez dire. On y ajoutait la Confirmation, appelée alors l'Imposition des mains ou encore l'Onction, laquelle c nous donne le Saint-Esprit et nous fait parfaits chrétiens ». Elle s'intercalait entre l'immersion baptismale et l'eucbarislie : « On nous baptise, disaient tes vieux théologiens, on nous oint, et on noi/x coinmimir. u

Les baptêmes et premières communions des catéchumènes avaient lieu par grandes fournées soit k Pàijues, soit à la l'entecùle. Cet usage mo semble être parliculièremeuL mis en lumière dans un récit qu'adresse saint Jean Chrysoslome à l'évêque de Rome, saint Innocent, et que complète l'évèque l'allade, son biographe et ami.

L'illustre patriarche de Constantinople venait d'être déposé par une majorité d'évëques serviles, à la suite de ces fières prédications ofi, visant l'impératrice Eudoxie, il s'écriait : « Que puis-je craindre? La mort? Le Christ est ma vie, L'exil'? Toute la terre ^st au Seigneur. La des biens? Ma fui est ma richesse. Hérodiade ftdemande encore une fuis la tète de Jean ; et c'est pour

Llil'CilAIIISTlK JOI^Ti; Ai: llAITLMi: ;;..:(

Célail le suir du grand samedi, veille de Pd(jueB, Les

oflïces religieux avaient commencé dès le coucher du

soleil. Celle niiil-là, plus tte trois rnUie cati'c/iHmfnes

I étaient admis au baptême et, après lebaplôme, à lacom-

I >n union. Les dons apportés pnrles assistants, pain ot vin.

^l avaient élé consacrés, lorsque, vers minuit, une troupe

^M de «quatre cents soldais, l'épée nue, fit irruption dans l'as-

^H *dnblée des fidèles. Ils chassèrent le clergé et s'emparê-

^P fent de Chrysoslonie condamné à l'exil. Les femmes

I <IUi s'étaient déshabillées dans le lieu sacré afm de rece-

I *'Oirle baplème, effrayées d'un si grand tumulte, prirent

I '^ fuite toutes nues. Il y en eut un grand nomlirc de

I *l^ssées. Les piscines baptismales furent rougîes de sang.

'—es soldats pénétrèrent jusqu'à l'endroit où étaient les

'"^j)èccs eucharistiques, que les nouveaux convertis rece-

^' ^. ient de la main des diacres k mesure qu'ils étaient bap-

* ^ès. Les symboles mcn-s furent répandus sur le pavé.

Malgré les défenseurs de la tradition qui, avec Tertul- *^n, désapprouvaient le baptême des petits enfants hors "^ cas de nécessité pressante et demandaient qu'on com- "** «oçit par savoir Jésus-Cbrist avant de devenir chrétien, '*^ advint que la coutume prévalut de plus en plus de •^ïâptiser de bonne heure les enfants nés dans la famille 'Chrétienne; et l'Église finit par en faire une rigoureuse ■^^ligation.

C'était visiblement se donner un démenti à elle-même *l procéder à l'encontre des paroles de l'Kcriture. En ^(Tet, dans saint Mathieu, Jésus place le baptême après 'instruction : u Enseignez et baptisez » ; dans saint Marc ■lie subordonne a la foi : " Qui croira et sera baptisé... u ; '^nale livre des .\cles, les apâlres, conformément aux

iHi Lt-: IIOr,llAriSMK CVniOI.IQL'K

leçons du maître, entendent que le baptême, t

de la rémission des pécluSs, succède à l'expiation mêlée

au repentir : " Faites pénitence, et reiievez le l)apt^-me. "

Mais tout a changé. L'Église maintenant ne voit plus les choses comme elle les voyait elle-inème quand elle imposait un si long stage à ceux qui aspiraient au baptême ; ni comme les voyaient Jésus et les apôtres, quand ils n'enseignaient le baptême que joint à l'instruction, à la foi, à la pénitence. EWe n'admet plus l'antique régime des catéchumènes; elle prescrit que tous reçoivent le baptême dès un âge où ils sont incapables de connaissance. de croyance et de repentance ; elle fait aux [>arciits une loi absolue du baptême immédiat de leuis enfants nouveau-nés; elle explique au surplus que le sacrement qui. selon les apùtres, servait à <> la rémission des péchés », servira toujours à remettre, à défaut d'autres péchés, le péché capital signalé par Augustin, le péché originel.

Mais il lui faut pourtant un texte évangélique pour autoriser sa volte-face. Qu'à cela ne tienne ! Elle détournera dans le sens de son initiative la parole évangélique : I' Laisser venir à moi les petits enfants. "

Imaginez-vous que du moins la communion sera \ relardée? l'as du tout. Elle suivra le sort du baptême;

et, dès sa naissance, l'enfant devra être bajilisé, oint et communié.

L'Ordre romain, dans lequel on vénère l'ancien code des cérémonies de l'Eglise romaine, portail cette recommandaliou : « Sauf extrême nécessité, on ne dnit pat donnrr la maniplU aux eitfanls nraiit </ii'ih aifii/ ifru le corps lie Jésu.i-C/irisL »

Quand un petit enfant répugnait à prendre l'eucharis-

Page 1