‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 125 sur 244 · LES ORIGINES DU CATHOLICISME ROMAIN · texte numérisé non relu

LES ORIGINES DU CATHOLICISME ROMAIN

de perpétuels concerts en Thonneur de la grande cité, à qui ils promettaient qu'elle vivrait florissante tant que vivrait Thumanité. Mais il s'en rencontrait qui voyaient la décadence aller son train et qui disaient : « Autour de nous il n'y a que pourriture. La vie des commerçants n'est que fraudes, celle des magistrats qu'injustices, celle des fonctionnaires que prévarications, celle des soldats que rapines. Partout cupidité, cruauté, impudicité. Nous sommes mûrs pour la catastrophe. Or donc, vous, Saxons aux yeux d'émeraudes, et vous, Sicambres aux crânes rasés, et vous, Hérules aux joues verdâtres, et vous, Burgondes à la taille de géants^ venez! Tous les vices que vous avez, nous les avons; et vous avez des vertus que nous n'avons pas. Périsse l'iniquité romaine! Qu'un sang nouveau circule dans les veines du vieux monde! » Ils viennent en efTet les barbares ; ils sont vainqueurs. . . Mais, de môme que jadis la Grèce vaincue subjugua par sa philosophie Rome victorieuse, voici que Rome vaincue subjugue par sa religion les barbares vainqueurs ; et sur les débris de l'Etat romain s'édifie la grandeur du nom chrétien.

L'entier triomphe du christianisme coïncida avec l'enlière destruction de l'empire d'Occident.

On eût dit que Rome n'avait absorbé tant de nations dans une seule ville que pour y installer le Gésarisme religieux à la place du Gésarisme politique et donner une patrie unique aux consciences de peuples divers. A la place de la primauté temporelle la primauté spirituelle. Le titre de sotwerain ponlife attribué hier à l'empereur de Rome passe à l'évêque de Rome.

Pouvait-il en être autrement? Depuis quatre siècles

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Rome était pour les habitants des plus loiataines i la cité véaérée, grAce à la disparition Je la vieille différence entre les conquérants et les conquis.

Tout comme, de par l'initiative de saint Paul, la démarcation avait cessé entre les Juifs et les autres peuples tous appelés à profiter du bienfait de la rédemption, il était advenu que, dans l'empire romain, de par l'intluence des idées stoïciennes, la distinction qui séparait le peuple-roi des autres peuples avait pris Cn. Tout homme pouvait revendiquer le titre de citoyen romain. Pour tous [tome était une patrie.

Il paraissait naturel que la ville qui était le centre de la vie politique de tant de peuples fusionnés sous la protection de lois communes, restât le centre de leur vie morale; et que, comme toutes les cités étaient fondues dans la cité romaine, toutes les églises fussent unifiées dans l'église romaine.

Outre qu'il se réclamait de la succession de saint Pierre, l'évèque de Rome bénéficiait de la grandeur même de cette ville, de la majesté de ses souvenirs, de l'habitude qu'on avait prise d'avoir toujours les yeux tournés vers l'antique capitale de Tunivers.

Dans rOccidenI, l'hégémonie de l'évèque de Rome était reconnue par la plupart des évéques d'Italie et par tous ceux des Gaules, de l'tlspagne et de l'Afrique, dont les Églises avaient de bonne heure cessé de se dire les sœurs de l'Église romaine, pour se déclarer ses filles. Taudis que originairement le nom de pape qui signifie piire était donné à tous les évoques, désormais c'est le pap.e de Rome qui sera le pape par excellence.

Quant à l'Orient, malgré de nombreux témoignages de déférence, il ne s'était jamais accommodé com[y

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ment de raulorité papale. Au ix" siècle le patriarche de ConstantiDople, Pholius, affecla le titre de patriarche universel par opposition à Tévôque universel de Rome; et quelque temps après éclatait le grand schisme, séparant sans retour les Eglises grecques de TÉglise romaine. Qu'importe? L'accession des barbares compense les pertes faites dans TOrient. La papauté règne. L'Église de Rome forme un grand empire ayant son dictateur le pape; son sénat les conciles; sa hiérarchie le clergé; ses proconsuls les prélats; ses légions les ordres monastiques. L'union y fait que chaque partie agit avec la force du tout.

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L'idéal voulu par la justice est que les sociétés religieuses, ni dépendantes, ni tyranniques dans leur œuvre spirituelle, existent librement au sein de la société civile, qui ne doit ni les favoriser ni les opprimer.

L'idéal poursuivi par les papes a été de mettre les États au service du catholicisme.

De cette circonstance que le christianisme avait été, pendant deux cent soixante ans, en butte aux persécutions, il était résulté que ses avocats s'étaient associés à la grande campagne des stoïciens en faveur des droits de la pensée. Ils avaient interprété dans le sens le plus large la parole de Jésus : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »,si bien que la séparalion de Tordre spirituel et de l'ordre temporel s'était de plus en plus' accréditée parmi les peuples, jusque-là habitués à voir dans une même main la direction des affaires communes et la direction du culte commun.

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