‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 130 sur 244 · L'EGLISE ET L'EVANGILE · texte numérisé non relu

L'EGLISE ET L'EVANGILE

de la morale, ou des lois civiles, en face de Tautorité ecclésiastique ; vouloir le libre exercice des cultes non catholiques : autant de transgressions de la foi, frappées d'anathëmes par cette charte de servitude, qui était le résumé ou syllabus des erreurs qu'avaient proscrites les infaillibles sentences du souverain pontife, et qui ellemême trouvait son résumé dans le quatre-vingtième et dernier article : « Anathëme à qui dira que le Pontife romain peut et doit se réconcilier et transiger avec le libéralisme, le progrès et la civilisation moderne. »

l'église ET l'évangile

On vient de voir comment le concile du Vatican a été rentière victoire de la tyrannie romaine.

Naïf qui se récrierait ! On lui répondrait que le concile du Vatican ne fait que confirmer le concile de Trente ; que le concile de Trente ne fait que confirmer les autres conciles latins, en particulier le grand concile de Latran; que les conciles latins ne font que confirmer les conciles grecs; et qu'on remonte ainsi jusqu'au concile de Nicée, qui lui-même n'est que l'expression de la foi des apôtres.

L'Église proclame l'invariabilité de sa doctrine et déclare que toute nouveauté qu'on imagine trouver dans ses décisions n'est jamais que la formule explicite de la foi implicite du passé.

Mais l'histoire des conciles, — histoire aussi peu édifiante que celle des conclaves, à cause des conQits d'intrigues, d'inQuences, d'intérêts et de passions dont elle évoque le souvenir, — nous révèle un dogmatisme

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construit pièces par pièces là où la crédulité ne voW (]u'un seul bloc %'eiiu du Saint-Espril. Elle nous montre en mdnie temps un écart énorme entre ce qu'il faut croire aujourd'hui et ce qui était cru au temps d'Alhanase.

A plus forte raison ne saurions-nous admettre que le catéchisme d'aujourd'hui soit le catéchisme même de saint Pierre. Il est manifeste, au contraire, que Pierre ne soupçonnait point cette encTclopédie d'aflirmations auxquelles il serait indispensable de donner sa foi pour être sauvé.

L'esprit de vie du christianisme primitif résida dans la Parole èvangélique . parole d'autant plus puissante sur les unies que, bien loin de les asservir à dos gloses spéculatives, elle leur laissait une sainte liberté.

Ce qui comptait par-dessus tout c'était la discipline morale. Croire au Christ leur maître et espérer eu une autre vie suffisait aux disciples de Pierre et de Paul pour se dompter, se gouverner, s'entr'aimer, se donner.

Toutes ces servitudes dogmatiques qu'a créées l'Église romaine sont précisément la résurrection du pharisaïsme mosa'ique que Jésus venait combattre. Il anatliêmatisait les pharisiens; il opposait à la complication des formulaires dévots la plus brève comme la plus sublime des prières; il répétait : « Ce ne sont pas ceux qui nie disent Seiffuciti:, Seignei/r, qui entreront dans le royaume des cieux, maïs ceux qui font la volonté de mon père. »

' )n n'en appellera jamais assez de la théologie à l'évangile, lequel ne contient qu'un dogme, le dogme de la paternité divine. I )n ne répétera jamais assez que la tendance dernière du catholicisme romain est de faire une religion du Christ sans chrlstianiiime, où le clergé est lout et l'évangile rien.

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