LA CIVILISATION CATHOLIQUE
A la fin du v* siècle et au vi% sous la poussée des barbares, au milieu de Tuniversel désarroi, il n*y a plus de vitalité que dans la société religieuse, il n*y a plus de science que la science sacrée. Fort de refTacement des autres autorités, le clergé devient la puissance maîtresse, conseillère des grands et protectrice des petits.
Les restes du passé romain et les germes de l'avenir européen se mêlent dans une fermentation féconde. L'Eglise étend de plus en plus son rôle d'intermédiaire entre les envahis et les envahisseurs; fait fraterniser dans ses temples les décadents avec les barbares, et fonde, propage, consolide le règne de la foi.
Sa discipline des âmes, dressées à se dompter pour l'idéal qu'elle leur présente, lui confère un prestige souverain ; toute institution porte sa marque ; aucune forme de l'activité sociale n'échappe à sa tutelle. Elle demeurera longtemps la Providence partout présente des nations dont elle débrouille le chaos ; et ce sera une longue, une*laborieuse tâche, poursuivie même parles hommes d'Etat les plus pieux, sous les empereurs et les rois comme sous les républiques, que celle de la séculari-
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salion de la cité, reconquise pièces par pièces sur l'autorité ecclésiastique. Jalouse de perpétuer le plus possible son monopole des services publics, TEglise, à chaque reprise légitime du pouvoir civil, criera à la spoliation.
Cet âge qui s'interpose entre la chute de la civilisation gréco-romaine et Téclosion de la civilisation moderne, a reçu le nom de moyen âge. Il comprend un millier d'années, de la fin du v® siècle à la fin du xv*.
Liberté de la pensée antique, beauté de Fart antique, mythes et franchises de la cité antique, autant de choses disparues. Une civilisation nouvelle éclôl, grandit et déchoit, la civilisation catholique, fille du christianisme.
Cette civilisation a été tributaire de la Judée et de la Grèce dans la religion, les dogmes et la morale ; tributaire de Uome et de la vieille Germanie dans la législa^ tion, Tadministralion et les mœurs.
Elle 8*est caractérisée par la prépondérance du sacer-^ doce, à la fois éducateur et oppresseur des âmes, instituan et dominant la confédération spirituelle des peuples dit chrétienté.
En même temps que leur communion dans le calholi* cisme crée entre les nations de TOccidenl une unité religieuse qui domine toutes les divisions de territoire, de lois et d'intérêts, la latinité ecclésiastique constitue une langue universelle des théologiens mettant en correspondance tous les hommes d'elude. La grande famille européenne est fondée.
Dès son premier développement, la civilisation catholique donna le beau spectacle de la puissance morale courbant devant soi la puissance matérielle. A la suite