‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 149 sur 244 · R tlONCEPTUALISTE ABAILARD · texte numérisé non relu

R tlONCEPTUALISTE ABAILARD

Âbailard, Jisi^:iple de Guillaume, devint son ardent adversaire, et, plaçant dans la peiisée l'essentiel des idées générales, il se fit l'avocat du Concepltialismc.

D'après lui, le général existe, quoi qu'en disent les nominalisles ; mais il n'existe ni avant les individus, ni après, comme le soutiennent les réalistes ; il existe dans les individus, sans d'ailleurs suflire à les constituer, vu qu'alors iln'yaurait plus de différence entre eux; et, considéré hors des individus, il n'est ni une véritable réalilé ni un pur nom, il est une conception fondée en ', en fait.

im du bon sens, Abailard rejetait cette aupersti-

lion des entilés vides qui mettait les mots à la Jilace îles choses el qui élernisail le verbiage scolastique au délrinient de l'élude do la nature. Cela ne reinpècliaîl poial d" adopter raxiomequ'îl n'yadescienee que du général, el de penser que la science humaine n'esl pas uq vain mirage.

On se scandalisa de la guerre li'Aliailard contre dw abstractions d'où les tbéologicns faisaient (léjmndre le salut de l'Kglise. Il répliqua, en montrant que le réalisme conséquent aboutit à un panthéisme démolisseur de toute orthodoxie.

Do fait, si la conclusion logique des raîsonnementsdiï Boscelin était que dans la Trinité il y a trois dieux, la conclusion logique des raisonnements d'Abailard était que la Trinité se réduit â une seule personne l'Ltre suprême, dont on personnilie par abstraction les tfoil allribuls: puissance, sagesse, bonté.

L ÉrUHNELLE IjVERELLE SUR I.ES IDÉES GBNÉa.\LES

Dans l'antiquité, Aristoto, conome Roscelin, semblait ne rcconnaiire que des individus ; mais, en même temps, il admettait, comme Abaîlard, que les idées générales sont des conceptions établies sur les lois de la pensée cl auxquelles correspondent des rapports réels qui unïsseni les êtres. Platon, de môme que saial Anselme et Guillaume de Champeaux, mais avec plus de profondeur, admettait l'existence réelle des Idées, pensées créatrices de Dieu, types éternels des choses, formes multiples de l'inOni, auxquelles appartient l'existence véritable, tandis que tout le reste n'est qu'apparence.

Les idées générales sont-elles de purs noms, comme le disent les nominalistes ?

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