‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 151 sur 244 · DISCIPLES D'ABAILARD · texte numérisé non relu

DISCIPLES D'ABAILARD

Gilbert de la Porée, évêque de Poitiers, que ses advers lires qualifiaient d'athée, et Jean de Salisbury, évèque de Chartres.

Jean de Salisbury fit la guerre aux vendeurs de mots ; enseigna que les choses n*existent qu'autant qu'elles participent à l'essence de Dieu, qui les enveloppe et les remplit de lui-même, et développa de belles idées morales.

 ses yeux, il n'y a qu'un seul mal dont il faut nous préserver de toutes les forces de notre esprit et de notre corps. Quel est ce mal? Le déshonneur, opprobre qui s'attache à tout ce qui est malhonnête. Et comment s'en préserver ? Ici ni les oracles des devins, ni les réponses de la divinité n'ont que faire. Le plus sûr est de consulter sa raison. Gaton, sur la terre d'Afrique, au milieu des pires difficultés, dédaigne d^interroger Jupiter Hammon. Il sent que sa conscience suffit pour lui persuader qu'il n'est jamais bien de déserter la cause de la liberté et qu'il se doit d'éviter, avec le joug du césarisme, toute flétrissure qui souillerait l'éclat de sa vertu.

Non seulement au fond du conceptualisme d'Abailard il y avait le rationalisme; mais encore il suffisait de presser le nominalisme de Roscelin et le réalisme de Guillaume, pour tirer de celui-ci le panthéisme, de celui-là le matérialisme.

Les conséquences de ces doctrines suscitées par les divers interprètes du néoplatonisme vont se produire durant la seconde période de la scolastique, sous le règne de plus en plus incontesté d'Aristote. Déjà plusieurs ont été hardis à interpréter le dogme ; maintenant plusieurs seront hardis à le nier.

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