L'ASPIRATION A UN MONDE NOUVEAU
isolées ; elle décida qu'il convenait de sévir vigoureusement contre les Albigeois, adeptes du pessimisme manichéen et surtout antipapistes. Alors commença cette grande tuerie qui au xiii*" siècle a ensanglanté le Midi. Les malheureux ! On les égorgeait, sous prétexte de les convertir. S'y serait-on pris autrement, si Ton eût voulu leur prouver le pouvoir de ce génie du mal auquel on prétendait les dissuader de croire?
l'aspiration a un monde nouveau
Ni les Albigeois, ni Amaury, ni David ne se bornaient à des spéculations en Tair. Les uns et les autres déduisaient de leurs croyances et de leur métaphysique des idées pratiques de haute portée.
Partant de ce principe qu'il n'y a qu'un être unique, mais que cet être se développe sous des faces diverses se succédant selon une loi de progrès, on en venait à distinguer trois grandes manifestations de Dieu : le règne du Père, le règne du Fils et le règne du Saint-Esprit. On reléguait le règne du Père au temps de Moïse et des patriarches ; on voyait dans le Christianisme le règne du Fils rapprochant de l'humanité la divinité naguère cachée ; et on appelait des vœux les plus ardents une ère nouvelle, le règne du Saint-Esprit, où Tunion s'opérerait enfin véritablement soit entre les hommes et les hommes, soit entre l'humanité et la divinité.
« Jusqu'à présent, disait Amaury, le Fils a seul agi ; mais maintenant le Saint-Esprit va commencer son œuvre, qu'il continuera jusqu'à la consommation des siècles. »
Cette doctrine de Tavènement du Saint-Esprit, depuis
<çi^ I^jfx i^ «se TMwfinte 4iB& les aBÔess philosophes
^liiA. iiitn ÇDt ÔKi^ îi^ iir^^À^Sle:^ : ce fm était d^aillears
^ ;*tii.4«t^ L't ^KTf: «ILiii»ei&l i" \ifYiaJrtr dtsant que Diea
^Ti^ îi^ iL^Li»:* àT^: k:* JKfe jurks prafhèles et arec les
^*:a'«l5;iLr .^ : «2^ :«**:^^r»,araat 4e faire alliance arec les
fi^rtLstz^^ ZLT i«ir^ trT-i::,inti2ii«v. <e$ apôtres el son Eglise.
Pi^i* rài:r.i:iL ies V^ui^ioîs rejetaient la distinction
éuLîî^ e£iir<r le prclre et le laiqoe, le noble et le
TiUia, le riche eî le pauvre, el rèTaient une société où
Di^a ré^niii ^i ^ leinemenl que chacun y fùl prêtre ; cha-
turi. ûoble : chacun, riche.
LES aÉVES DES ALCHIMISTES
Aux utopies sociales il s'en mêla d'autres. On posait en principe que tout est dans tout. Cela n*inipliquail-il