THOMAS DAQUIN
Dieu a créé les esprits célestes, qui sont autant audessus de rhumanité que Thumanité est au-dessus de la nature ; il a créé Thomme, dont le corps ne vaut que par Tàme, laquelle est le principe du mouvement, de la vie et du sentiment, en même temps que de la pensée ; il a enfin créé tous les êtres.
L'action de la puissance créatrice se continue dans la conservation de Tunivers. Dieu, pour qui rien n'est petit, gouverne tout, et il se manifeste soit par les lois générales, soit par les miracles, double émanation de sa volonté souverainement immuable, infaillible et bienfaisante.
Tous les êtres, qui par rapport à d'autres sont causes, sont effets par rapport à Dieu, et, quelles que soient les déviations apparentes, tout conspire à l'exécution des décrets de son éternelle sagesse. La prière et la grâce s'harmonisent dans l'économie providentielle.
Le mal, au fond, n'est qu'un défaut d'être. Dieu ne le veut pas; mais il le permet pour en tirer le bien, impossible sans lui. Tout est pour le mieux, comme le dira Leibniz qui dans sa Théodicée s'est si largement inspiré de saint Thomas; et la bonté divine a créé le plus parfait des mondes possibles.
Le bien suprême de l'homme est le bonheur, et le t)onheur c'est la possession de Dieu. On n'y arrive que par des actes dont le principe est la volonté, appétit raisonnable qui tend naturellement au bien et qui ne sau- ^B\i ne pas y tendre.
Quoique tendant naturellement au bien, la volonté i:i'en est pas moins libre dans ses déterminations. La l'aison lui impose de se conformer à la volonté divine.
531 LES SCOLASTrçOES
car lout ce que Dieu veut esl jusle; et toutefuis, on ne sQurail [irélendre que ce qui esl juste soit tel uuiqueineiil parce que Dieu le veut.
Le bien en soi se ramène au beau. Le beau c'est le bien, non objet du désir, mais objet delà raison. Le beiia absolu, c'est le bien absolu répondant à ([uelque chose de plus parfait que la raison, à l'amour.
C'est l'amour qui fait que, comme l'àme au corps, comme l'K^lise à l'Klat, au régne de la nature s'ajoute le règne de la grâce, initiation terrestre aux Félicilés célestes de l'dnie immortelle.
Saint Thomas subordonne toutes les sciences à la Iki-ulogie où se concentrent les lumières de l'écriture sainte et de la tradition; il soumet tous les pouvoirs, qu'il fait d'ailleurs dériver du peuple, à la suprématie du pontife romain qui, selon lui, trône au milieu des évèques connue un roi uu milieu de ses sujets; il prêche l'intolérance aa nom de la cliai'ité, â l'exemple de saint Augustin ; enitn il justifie l'esclavage par une prédestination naturelle, i l'exemple d'Arislolc.
Destinés à la vision de Dieu el à la possession de s> béatitude, déchus par le péché originel, relevés par 1* rédemption, éclairés sur l'ignominie de nos fautes parle* abaissements volontaires du Verbe incarné, nourris pa* l'eucharistie du corps et de l'Ame de l'homme-Dieu, sou " tenus par les grâces du saint Esprit, intercédant la Vierge les saints et les saintes, croyant aux dogmes, obéissan à l'Église, nous éviterons l'enfer; et, devant nos coqj ressuscites s'ouvrira le paradis où, selon saint Thomi d'accord avec Terlullien, il sera donné aux bienh do voir les peines des damnés, jtoiir qu'ils \r dileclrnl davantage dans leur félkilè.