I L'INQUISITION
e discerner consciencieusement les suspects d'hérésie, les convaincus d'hérésie, les pénitents, les relaps; d'inOiger aux coupables des peines spirituelles, et de livrer les impénilenta au bras séculier.
Au fond l'œuvre d'Innocent IIl et du concile de Latran consista à faire de l'inquisition une institution régulière.
Grégoire IX réserva aux dominicains les fonctious de vicaires inquisiteurs, et le pape Urbain IV introduisit dans l'inquisition la pratique des tortures, déjà autorisée quelques années avant dans la justice séculière par lo pape Innocent IV.
Peut-on rappeler sans frémir qu'au xv" siècle, en Espagne, dans les dLx-huit premières années de son établissement, l'inquisition condamna plus de 90.000 personnes à subir diverses pénitences et plus de 8.000 à périr dans les Qammes de ses bûchers?
St je coinprenah, je croirais, dit l'homme. Crnijrz et. «oui comprendrez, répond saint Augustin. Les inquisiteurs ajoutent : De (/ri', on de force faites comme si votta croyez, et vous croirez.
Que si on leur reproche le recours aux geôliers, aux tortionnaires et aux bourreaux,'les inquisiteurs répliquent qu'ils ne font que faire aux autres ce qu'ils voudraient qu'on leur fît, le jour où ils auraient besoin eux-mêmes d'être ramenés à la vraie croyance. Qu'est-ce que les existences humaines au prix de la foi qui sauve? Fi de la liberté qui engendre en noua et communique aux autres le mal du péché!
Mais faire bon marché de ses droits est-ce un titre pour confisquer les droits du prochain? L'iniquité se double d'hypocrisie quand elle viole la justice en invoquant la
charité ; et on n'est jamais plus inhumain que quand on Test par principe de piété.
LA THÉORIE ORTHODOXE DE -l'iNQUISITION
De Favis des papes, saint Thomas est celui des docteurs qui a répandu le plus de lumière sur TÉglise catholique. C'est lui qui va nous donner la théorie orthodoxe des sévérités de Tinquisition envers les hérétiques.
L'hérésie est Tinfldélité de ceux qui, ayant professé la foi du Christ, en altèrent les dogmes. Elle porte sur les choses que chaque catholique est tenu de croire, ainsi que sur les pratiques qui en découlent, et elle consiste à s'en écarter avec opiniâtreté, de telle sorte qu'on préfère sciemment et volontairement son propre sentiment à celui de TEglise.
On ne doit pas tolérer les hérétiques. L'hérésie est la peste (les âmes. C'est un péché qui rend ses auteurs dignes non seulement d'excommunication, mais de mort.
Le malfaiteur qui altère la foi n'est-il pas cent fois plus coupable que le malfaiteur qui altère les monnaies? L'argent ne sert qu'au soutien de la vie du corps, tandis que la foi est la vie de Tàme. On met justement à mort les faux monnayeurs ; à plus forte raison doit-on mettre à mort les hérétiques.
Mais l'Église est essentiellement miséricordieuse. Elle adresse à l'hérétique une première mise en demeure, et puis une seconde. Si après une première et une seconde monition l'hérétique s'obstine dans ses erreurs, l'Église, désespérant de sa conversion, pourvoit au salut commun, en le séparant de son sein par l'excommunication