‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 173 sur 244 · RAYMOND LULLE · texte numérisé non relu

RAYMOND LULLE

Tandis que la théologie accumulait les sophismes an service de l'intolérance, le Grand Art de Raymond LuUe vint manifester tout le vide du savoir scolastique. Q^eiArt se ramenait à un vaste mécanisme de mots dans lequel son auteur prétendait faire tenir la science des choses. C'était, sous prétexte de simplifier la philosophie, la sacrifier à la terminologie.

Le but de Raymond Lulle était d'inventer une espèce d'échiquier logique qui fût en matière d'idées ce qu'est la table de Pythagore en matière de nombres.

Pour cela il partit de la notion d'être, analysée dans ce qu'elle a de plus abstrait ; il en dégagea plusieurs attributs généraux applicables à tout ; puis il s'évertua à classer, en les rattachant aux divers cadres de la pensée, les combinaisons d'idées les plus ordinaires.

Or les combinaisons d'idées les plus ordinaires ne sont pas toujours les plus exactes ni les plus précises ; elles ne sont pas surtout les seules possibles. C'est ce que méconnut Raymond Lulle. Dupe des généralités et amoureux d'une fausse symétrie, il prit au sérieux cet échafaudage de constructions artificielles où s'était vainement consumé son génie et il prétendit que le grand Art mettait à môme de répondre scientifiquement à toutes les questions.

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