‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 176 sur 244 · LE TRIOMPHE DU RATIONALISME NOMINALISTE · texte numérisé non relu

LE TRIOMPHE DU RATIONALISME NOMINALISTE

sceptiques en matière de science, opposaient la foi à la science.

D'autres vont venir qui, déplaçant le champ du scepticisme, opposeront la science à la foi. Eux aussi diront que ni la Trinité, ni la Création, ni la Providence, ni le Péché originel, ni Tlncarnation, ni la Rédemption ne sont matières de savoir; seulement, ils concluront de là non qu'il faut croire, mais qu'il n'y a pas lieu de croire.

Déjà, en 1348, un an après la mort d'Ockam, étaient présentées à la Sorbonne ces thèses hardies : Nous arriverions aisément et promptement à une science certaine si, laissant là Aristote et ses commentateurs, nous nous mettions à étudier la nature. — Nous concevons bien Dieu comme Tètre réel par excellence. Mais un tel être existe-t-il ou non? C'est ce que nous ne pouvons savoir. — L'univers est infini et éternel ; car on ne conçoit pas comment du néant pourrait sortir l'être.

Mais de tels scandales étaient peu communs et surtout peu tolérés. L'œuvre de dissolution demeurait souterraine. Le bruit des arguties sonores et vides dominait tout.

Page 1