‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 19 sur 244 · LA MORALE DE PHILON · texte numérisé non relu

LA MORALE DE PHILON

Maintenant, en se conformant aux pratiques pieuses de la foule, le sage vivra-t-il comme elle? Non. Il convient que le vrai sage, selon la recommandation de Platon, se détache du corps et des sens, et que sa vie soit un apprentissage de la mort.

En chacun de nous deux natures se combattent : ici la chair avec ses passions animales ; là Tesprit avec ses aspirations divines. « Notre devoir est d'humilier la chair, de la torturer par tous les moyens et à tous les instants, afin de nous racheter de la servitude corporelle. »

Fi de tous les biens périssables! Le mariage lui-même, par cela seul qu'il tend à perpétuer la misère humaine, est une nécessité dont doivent rougir ceux qui la subissent, et dont les âmes d'élite savent s'afiranchir.

Une fois détaché de tout, on est sur le chemin qui mène Tàme à l'union avec Dieu dans un acte d'inetîable amour. « 0 mon àme, s'écrie Philon, si lu désires hériter des biens divins, abandonne non seulement la terre, le corps, les sens et la maison paternelle ; abandonne non seulement la science et la raison ; mais fuis-toi loimême, ravie hors de toi, animée d'une fureur surnaturelle, et ne rougissant pas d'avouer que tu es agitée et possédée de Dieu. Heureuse TAme ainsi transportée hors d'elle-même, inspirée d'un délire divin, échauffée d'un céleste désir, entraînée par la vérité qui écarte devant elle tous les obstacles et qui lui fraie la route ! Dieu

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