‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 186 sur 244 · HUGUES DE SAINT-VICTOR Ô · texte numérisé non relu

HUGUES DE SAINT-VICTOR Ô

Vous n'aimez pas Dieu afin qu'un bien quelconque vous vienne de lui, mais afin qu'il soit lui-même votre bien. De fait, il est lui seul tout le bien, et en Taimant vous aimez votre bien, quoique vous ne vouliez de lui que lui-même. »

Ne croirait-on pas entendre un disciple de Bouddha ou de Plolin, lorsque, dans une de ses homélies, Hugues nous montre le cœur humain brûlé, purifié, consumé par Tamour divin : « Le feu placé sur un bois vert a quelque peine à s'en emparer. Mais qu'un souffle vigoureux Texcite, il chauffe la matière rebelle, d'où s'élèvent des tourbillons de fumée. Cette fumée ce sont les passiens terrestres s'évaporant avec les illusions des sens. Leur épaisse trame voile par instants les rayonnements de la flamme scintillante. Mais peu à peu la fumée se dissipe ; le noir nuage disparaît ; il n'y a plus qu'un splendide foyer de pure lumière, traversé en tout sens par la flamme victorieuse de l'amour divin. Cette flamme que plus rien ne gêne enveloppe le cœur, l'enserre de molles étreintes, s'insinue dans ses fibres les plus intimes, le dévore en le caressant et n'arrête son jel pétillant qu'après avoir absorbé tout ce qui était hors d'elle. Vient l'heure où tout bruit a cessé, où, désormais inacessibles aux troubles de toute sorte, nous entrons dans le repos de la béatitude. Alors on sent Dieu tout en toutes choses ; il ne reste plus rien du cœur, si ce nesl la place occupée par Dieu. »

Hugues conclut : La charité n'est pas seulement un don de Dieu ; on peut dire qu'elle est Dieu même. Dieu est charité.

Et ainsi le mysticisme chrétien fait écho au mysticisme païen qui disait : Dieu est amour.

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