RICHARD DE SAINT VICTOR
Hugues eut pour disciple l'écossais Richard qui devint lui aussi prieur de Tabbaye Saint-Victor et mourut en 1173 avec une grande réputation de savoir et de vertu, Il y a de beaux éclairs dans ses opuscules, malgré le manque de critique, de méthode et de goût.
Richard, développant des idées que reprendra plus tard Gerson, dislingue la pensée, qui se disperse; la méditation, qui se concentre; la contemplation, qui admire. La pensée parcourt successivement les objets ; la méditation tend à Tunité ; la contemplation embrasse d'une seule vue l'universalité. Des hauteurs de la contemplation le sage voit à ses pieds les savants qui se fatiguent à penser, les philosophes qui se fatiguent à méditer, et il les dédaigne.
Comme autrefois les Porphyre et les Jamblique, Richard enseigne que la suprême démarche de la raison est de parvenir à Textase et de s'y abîmer.
Voici tout au bas Tordre physique que nous révèlent les perceptions des sens; plus haut, Tordre scientifique que nous révèlent les opérations de Tàme quand elle pénètre les secrets de la nature et deTart; plus haut, Tordre moral que nous révèle hiconscience méditantsur les loisdivines et humaines; plus haut, Tordre intelligible que nous révèle la réflexion, s'appliquant aux substances incorporelles et éternelles ; plus haut, Tordre mystique que nous révèle la foi s*attachant aux mystères ; enfin, au sommet de Téchelle, voici Textase, œuvre divine de la contemplation.
Ses préférences pour la méthode intuitive n'empêchent pas qu'à Toccasion le disciple de Hugues se pose en dia-