JOACHIM DE FLORE ET LES JOACIIIMITES
lecticien, à la façon d'Abailard. C'est ce qui arrive dans son Traité de la Trinité, Il a, dit-il, entendu maintes fois répéter qu'il n'y a qu'un Dieu, et que ce Dieu est un en trois personnes. Cela se dit partout, mais ne se prouve nulle part. Les autorités abondent; les démonstrations manquent. Il démontrera, lui, ce qu'on n'a fait qu'affirmer.
Pour cela il part de ce principe que Dieu est amour. L'Amour exige un objet aimé : donc il y a une seconde personne en Dieu, le Fils, aimé et aimant de toute éternité. Dans ces deux personnes, la plénitude de l'amour en réclame une troisième qu'elles aiment et qui consomme leur union : de là le Saint-Esprit.
Mais bientôt Tappel au raisonnement se transforme en un appel au sentiment. « Est-il étonnant, s'écrie Richard, que notre âme ne pénètre pas les mystères quand elle est aveuglée par la poussière des pensées terrestres? Dégage-toi enfin de la poussière, fille de Dieu ; dresse l'échelle de la contemplation; prends ton vol comme l'aigle ; échappe à la terre pour planer dans les hauteurs des cieux! » El le pieux docteur proclame, avec Isaïe, saint Paul et saint Augustin, qu'il faut commencer par croire pour arrivera comprendre.