GERSON
Autant Jean Tauler était lettré, autant le mystique flamand Ruysbroeck, qu'on appela le second Denis l'Aréopagite, était illettré. Ce moine enhousiaste s'enorgueillissait de demander sa science à la solitude, non aux livres, et il prétendait n'écrire que lorsque son cerveau était allumé par l'inspiration.
Inconséquent avec lui-même, Ruysbroek s'égara le plus souvent dans des rêveries panlliéistiques, - mais quelquefois se montra pénétré de cet esprit individualiste qui animait le nominalisme, alors dominant.
Il lui arrive de répudier ceux qui imaginent que leurs âmes ont été créées de la substance même de Dieu et affirment qu'après la mort ils rentreront dans l'essence divine pour s'y perdre, comme se perd dans une fontaine la coupe d'eau qui y a été puisée et qu'on y verse de nouveau. L'absorption de tous les êtres dans l'être divin, aboutissant à un état où il n'y a plus ni pensée, ni sentiment, ni vouloir, lui paraît une annihilation de l'activité tout à fait contre nature.
Les écrits panthéistes des mystiques furent combattus par Gerson. Son bon sens réclamait contre leurs exagérations au nom de l'individualité dont il n'admettait en aucun cas l'anéantissement.
Selon le docteur très-chrétien, la théologie mystique s'appuie sur les expériences intimes des âmes pieuses; elle n'est pus le fruit de l'étude et ne consiste ni en connaissances spéculalives ni en démonstrations d'école. Par cela môme qu'elle ne sépare pas le cœur de la raison, elle est infinimiint plus vivante que la théologie des dialecticiens; elle est la science souveraine.
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C'est sartAvt am Mores de l'exercice énergique et s qa'oa j bit des progris, «t i k DO« femmelette i|u'aa plas nnsA do bomiBes.
VmIk légitimée llQ^>îratîoD iDdÎTidoelIe par le même ï <|u fnt l'âme des grandes assises du clergé ■ et qtd allribiuit aux conciles l*iDraiIlil»i)ili ^"B déûajl au (4pe. Voilà b«ltas en brèche rautorilarisne teUpeox. îa hîénr;bie et le dogmatisme.
Gersoa enseigtic que l'espritseol peat conoaitre l'esprit, et qne son tearre essentielle est de nous faire pénétrer eo Doo^-mèmes ce qui Taut mietu: que nous-ai6nies. Le seotimeDl est ici la condition de la conoaissânce. La foi mène â l'intelligence : on tinit par savoir parce qu'on a commencé par aimer.
11 faut distinguer la simple pensée, la méditation et la coQlemplatioQ. La simple pensée est naturellement volage ; elle coûte peu de peine et apporte peu de fruit. La méditation s'accompagne d'énergiques efforts pour chercher à conoaitre : elle coûte beaucoup de peine, mais aussi elle n'est pas saos fruit. La coDlemptalïoil prend son toI aalour des ré^lilés les plus hautes, que pénètre enGa notre ame ravie : elle ne coûte bientôt aucune peine et elle a|iporte les plus grands fruits.
La contemplation consiste non à abstraire des objets telles ou telles formes sensibles, comme le fait l'imagination; non à abstraire des choses, parmi la confusion des qualités accidentelles, tes attributs essentiels, comme le fait la raison ; mais à s'abstraire soi-même tout élément terrestre pour s'élever à l'intuition l'incorporel, de l'éternel, par delà la sphère de ces