LA PHILOSOPHIE DE PLOTIN
Parmi les premiers philosophes de Técole d'Alexandrie, figure, au commencement du iu° siècle de l'ère chrétienne, cet Ammonius, qui, né dans la pauvreté et forcé de gagner sa vie en portant des sacs de blé, (d'où son surnom de Saccophore), se livra avec une merveilleuse ardeur à l'étude de la philosophie et l'enseigna avec un singulier succès dans la brillante capitale de l'Egypte.
Ammonius, écho assez fidèle de Philon, s'elTorce de concilier Pythagore, Platon et Aristote. Il a comme
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disciples Longîn, Hérennius el Plolin. Celui-ci, beau et briilanl géuie, lui succède, le fait vite oublier, et renouvelle le platonisme avec assez d'éclat pour mériter h l'école le nom d'école néo-platonicienne.
C'est au milieu d'un énorme concours de disciples que Plotin enseigna à Home la philosophie pendant ving^tcinq ans. Les hommes les plus émineots, les Romains du plus haut rang, venaient l'écouter. L'empereur Julien figura parmi ses auditeurs. It fut donné à cet égyptien, né à Lycopolîs l'an 203 do l'ère chrétienne, d'allumer des enthousiasmes aussi vifs que ceux qu'avaient excités jadis les fameux philosophes de la Grèce.
Plotin parle admirallemenL do cet être infini qui n'a pas voulu être seul, parce qu'il est bon, et dont tous les êtres procèdent. Cet èlre est âme, en tant que principe lie la vie universelle; esprif. en tant que raison des intelligences; imit/J pure, en tant qu'élevé par sa perfection au-ilessus de tous tes êtres et de toutes les intelligences. L'Unité, l'Esprit, l'Ame, c'est-à-dire le Bien en soi, l'Intelligence suprême et la Puissance active, voilà les trois termes de la trinité de Plotin. Qu'on se rappelle que Dieu est pour les stoïciens l'Ame universelle, pour Arislote la Pensée pure, pour Platon le Bien en soi, et on reconnaîtra le caractère éclectique de cette fameuse trinité.
Le nouveau Platon identifie la morale avecreslhélique, el fait de la bonté la Heur de la bonté. D'après lui, comme l'ont proclamé les maîtres de la sagesse antique, toutes les vertus el la pensée elle-même ne sont qu'une purificalioQ, La véritahie sagesse ne réside-t-ella point dans le détachement des joies corporelles qu'on rejette, comme immondes et incompatibles avec un être pur i