‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 25 sur 244 · PLOTIN INSPIRATEUR DKS DOCTEURS DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

PLOTIN INSPIRATEUR DKS DOCTEURS DU CHRISTIANISME

Ne croif-on pas entendre Augustin quand Plotin dit : <c Illuminée par le Bien, la beauté morte devient vivante. A la douce chaleur du Bien, Tâme s'éveille de sa torpeur, se trouve des forces inconnues, ouvre ses ailes et prend soo vol. Elle entre en communication avec Tlntelligence, elle l'admire. Mais elle ne s'arrête pas à elle, elle s'élève encore plus haut ; car tant qu'il y a quelque chose de supérieur à ce qu'elle possède il faut qu'elle monte et moote toujours, entraînée par l'attrait naturel qui la sollicile vers celui qui inspire l'amour. La voilà donc qui franchit la région de l'Intelligence. Elle s*arrète enflnau Bien, parce qu'il n'y a rien au-dessus. Ce n'est pas assez <le la vision ; il lui faut l'union. Elle veut s'incorporer au Bien, se fondre dans la parfaite unité, et, autant qu'il est en elle, se déifier ».

Que de maîtres de la scholastique s'inspireront d'échos <IePIotîn, sinon de Plotin lui-même quand sa dialectique trancha comme il suit la question de la liberté divine : « Vous dites que Dieu n'est point libre de ne pas faire le bien; et vous ajoutez qu'il n'est pas tout-puissant par cela même qu'il ne saurait faire le mal. Mais en Dieu la puissance ne consiste pas dans la faculté de réaliser les contraires. Sa puissance est une et immuable en sa perfection. Elle serait imparfaite si elle pouvait s'écarter de ce qui est bon. Pouvoir le contraire est le propre des êtres incapables de se tenir toujours au meilleur. En Dieu la loi du meilleur n'est pas Teffet d'une nécessité qui ledomine; elle est l'effet de sa personnalité souverainement indépendante, mais aussi souverainement bonne».

Au reste, n'oublions pas que ce flambeau, qui alluma tant d'autres flambeaux, fut allumé lui-même par des étincelles jaillies des dialogues du divin Platon.

L'iiCLKCTISMK ALEXANDRIN

t.K NKII-PAIF.>

Le principal disciple de Plotia fut le lyrien Porphyre. Il recueillit tes œuvres de son maître et en forma six livres quÙ contenant neuf traités chacun, ont re(;u le nom A'Ennéades. Les Ennéades sont le monument immortel de l'école néoplatonicienne.

L'œuvre propre de Porphyre fut de donner à la philosophie alexandrinc un caractère accentué de polémique contre le chrîsLianisme qu'il avait abjuré et qui lui apparaissait comme l'invasion de la barbarie. Il se plaisait à appeler Jésus « un homme pieu\ et digne de l'immortalité, dont l'ûme est au séjour des i\mes bienheureuses; » mais à ces louanges ii ajoutait toute sorte d'invectives contre les chrétiens, leur reprochant d'avoir imaginé la divinité là où il n'y avait que la sainteté, et de s'âtre égarés dans tonte sorte d'erreurs indignes de leur sage et vertueux modèle.

A l'Honime-Dieu de la religion nouvelle Porphyre opposait le Dieu suprême dont le culte ne demande pas de cérémonies et peut se passer de l'intermédiaire du prêtre.

D'après lui, Dieu n'a que faire de luslrations ni de sacrifices, et tout ce qui est matériel est trop impur pour être offert à une majesté si haute. Le sage qui veut s'approcher de Dieu, n'a besoin que de lui-même; car la philosophie nous enseigne que Dieu est présent partout et que l'àme pure où brille l'éclat de la vertu est le plus beau ou plutât le seul temple qui lui soit dédié parmi les hommes.

Si Porphyre s'en tenait là, il proscrirait les pratiques

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